L' Arétin Le maréchal : comédie du divin Pietro Aretino (1892)

ACTE III, SCÈNE IV III
je ne sais plus qui que ce n'est rien du tout, de se marier.
LE MARÉCHAL
Oh! plût à Dieu!
GIANNICCO
Patron, prenez garde que votre entêtement ne vous fasse tort.— (Apart.) Va donc, épouse-la; va donc! S'il est comme un fou avant de la mener à l'autel, jugez un peu ce que ce sera quand il l'aura eue près de lui un an ou deux ! Mais voici un estafier du Prince.
SCÈNE IV LE MARÉCHAL, GIANNIÇCO, L'ESTAFIER
L'ESTAFIER Avez-vous vu le joaillier?
LE MARECHAL
Il était tout à l'heure au Borgo.
L'ESTAFIER
Monseigneur le demande.
Source : Gallica

L' Arétin Le maréchal : comédie du divin Pietro Aretino (1892)

GIANNICCO
Assez! assez!
LE MARÉCHAL
Laissez-moi, vieille sorcière. Par le corps de !... Vous me ferez perdre patience.
LA NOURRICE
C'est un péché que de te faire du bien. Que de tourments on se donne pour ce forcené qui, aujourd'hui, voudrait manger tout le monde! Puisses-tu être massacré, si je veux ! Je rentre chez moi, et compte bien que je ne suis plus pour toi celle que j'étais !
LE MARÉCHAL
Fantôme à barbe, va-t'en au diable ! Je les ai enfin tous chassés de devant moi : comte, chevalier, apprenti, nourrice et ce vieil imbécile de messer Jacopo.
Source : Gallica

L' Arétin Le maréchal : comédie du divin Pietro Aretino (1892)

LE MARÉCHAL
Si l'on a de l'obligation à quelqu'un qui vous attache une pierre au cou lorsqu'on est en train de se noyer, je suis plus obligé envers Monseigneur que ne le sont la libéralité et la vertu envers le Cardinal Hippolyte de Médicis, comme dit Pasquin, à Rome; mais qu'est-ce que j'ai donc fait au Marquis? Dieu le sait, je n'ai jamais mis à contribution sa bonté comme l'y mettait Fra Benedetto, et j'aimerais mieux être condamné à être jeté dans les latrines qu'à prendre femme.
GIANNICCO
Quel blasphème ! cela vous paraîtrait du musc.
Source : Gallica

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