Louis Dépret,
Nouvelles anciennes
(1876)
“ Chère tante, Je voudrais être morte. Avec quelle ardeur je l'appelle, le jour où l'on dira de moi : « elle est morte ! Louisa est morte! » Ah ! qui me sauvera de ma tristesse, elle m'accable et me ronge à la fuis. Des tentations funèbres m'obsèdent. Parfois, comme si ma prière eut été entendue, je compte avec un sombre charme les battements ralentis de mon cœur, et une tranquillité profonde. mais non, je ne veux pas mourir; car si je meurs, je ne le verrai plus, lui! il m'oublierait ; on oublie si vite les morts ! tout y pousse, jusqu'à l'excès même du chagrin de leur perte. ”
