Louis Dépret

Élements biographiques

Portrait de Louis Dépret Louis Dépret Nouvelles anciennes (1876)

Ce n'est qu'une femme. Mais à sa vue, toute la beauté, toute la vaillance de mon ancien cœur, branches dépouillées par l'orage, vertus endormies par l'égoïsme, ont frissonné et vont reverdir.
Devant elle, on oublie que la richesse fait le bonheur.
Devant elle, on se reprend à chérir la justice, la liberté, le dévouement, l'esprit et le courage.
Les belles nuits vertigineuses du café Anglais, de la Maison d'Or, les boudoirs en satin bleu, s'effacent dans une pâle brume éclairée bientôt des feux de la grande aurore. On ne songe plus à faire des livres avec les mots que les autres ont dits.
Source : Gallica

Portrait de Louis Dépret Louis Dépret Nouvelles anciennes (1866)

Edouard, mis en verve par cette fraîche matinée, causait avec Mathilde, et, à force d'art, la rendait attentive. Jamais Albert, qui vivait trop avec les livres, n'aurait eu ce don de parler ainsi aux femmes, de les intéresser malgré elles, sans leur faire la cour. Le véritable, amour, fantasque, abrupt et maladroit, n'a pas de si redoutable rival, que ce bon goût élégant et souriant, qui semble cacher plus qu'il ne montre et se fait ainsi une alliée victorieuse de la curiosité féminine. La passion, toujours occupée à jeter son feu, échauffe la sympathie, mais la brûle aussi parfois.
Source : Gallica

Portrait de Louis Dépret Louis Dépret Nouvelles anciennes (1866)

Un regret, une larme, un soupir de l'amitié absente ou morte, a sur l'âme la plus passionnée, la plus orageuse, des droits vainqueurs. Louis sentit des pleurs monter à ses yeux.
— J'ai éprouvé aussi vivement que Tomasso, chère Giulia, la douleur de cette brusque séparation. Pardon si je vous interromps, je m'y vois forcé par ma fidélité même à la mémoire de celui que nous pleurons. Quelle a été votre vie depuis qu'il n'est plus ? Je crains que sa mort ne vous ait laissée seule dans le monde.
Source : Gallica

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