Théodore Lacordaire

Élements biographiques

Théodore Lacordaire Revue des Deux Mondes

Il y a quinze jours, avant le lever du soleil, Loureiro frappe à ma porte et me réveille en sursaut : — Venez vite, me dit-il, cet enragé de Cupidon a fait des siennes. — Je me lève à la hâte et suis Loureiro dans la case du nègre. Ma foi, senhor, c’était fort laid à voir. Cupidon était étendu à terre, à côté de la petite négresse morte ; un de ses bras la tenait serrée contre lui comme dans un étau de fer ; sa bouche écumait, les yeux lui sortaient de la tête ; tous ses traits étaient horriblement tirés ; un tremblement convulsif agitait ses membres, qui battaient le sol.
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Théodore Lacordaire Revue des Deux Mondes

Quoiqu’on ne puisse pas prédire d’une manière certaine l’époque à laquelle les Indiens disparaîtront du sol de la Guyane, il est évident que du jour où la population civilisée s’avancera vers l’intérieur, leurs tribus, déjà plus que décimées, achèveront promptement de s’éteindre. Tel a été le sort des nations guerrières des États-Unis, et à plus forte raison, tel doit être celui des peuplades inoffensives de la Guyane française. Les blancs, il est vrai, ont perdu cet esprit d’enthousiasme et d’entreprise aventureuse qui faisait des premiers conquistadores autant de géans.
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Théodore Lacordaire Revue des Deux Mondes

Je vis M. Douville, et, au premier coup d’œil, il me fut impossible de le méconnaître : les années ne l’ont pas changé ; le soleil de l’Afrique n’a pas ajouté une teinte de plus à ce front pâle, et lorsque je lui appris que j’étais à Rio-Janeiro à la même époque que lui, ses yeux se troublèrent comme s’il eût vu le glaive de l’opinion publique suspendu sur sa tête. Si mon témoignage ne suffit pas pour constater cette identité, il existe actuellement à Paris plusieurs personnes qui ont connu M. Douville à Buenos-Ayres ; je m’engage à les produire.
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