Raoul Vèze

Résumé

Raoul Vèze Le Baiser en Grèce (1908)

Les courtisanes sacrées de Corinthe.
Les Grecs se flattaient d’avoir embelli les graves allégories des Egyptiens ; alors que ces derniers, traitant les Grecs d’enfants, leur reprochaient de les avoir dégradées. L’Isis d’Egypte était l’emblème sacré de la nature, la Vénus de Grèce n’était qu’une courtisane. La religion grecque tendait en effet à faire de l’homme un être aimable, plein de grâces et de courage, en rassemblant autour de lui tous les plaisirs dont il est avide. Ainsi avait-elle divinisé l’amour, le baiser, source de vie, source de voluptés.
Source : Gutenberg

Raoul Vèze Le Baiser en Grèce (1908)

Les baisers n’ont pas l’apprêt de ceux de la femme ; leur art menteur ne prépare point sur les lèvres une fade déception : l’enfant embrasse comme il sait ; ce sont des baisers sans artifice, mais ce sont ceux de la nature. L’image des embrassements de l’enfant, c’est le nectar devenu solide, se substituant aux lèvres, donnant et recevant les baisers. Pour l’amant, point de satiété ; il a beau puiser à la coupe, toujours il a soif de baiser encore ; il ne saurait retirer sa bouche jusqu’à ce que l’excès même de la volupté le force à quitter les lèvres.
Source : Gutenberg

Raoul Vèze Le Baiser en Grèce (1908)

C’est la volupté même qu’on étreint quand on la possède, et le baiser s’empreint sur ses lèvres comme le sceau sur la cire. Les baisers qu’elle rend à son tour ne sont point sans un certain art ; elle sait habilement en augmenter la douceur. Ce n’est point assez pour elle que les lèvres s’unissent amoureusement aux lèvres : ses dents mêmes cherchent les embrassements ; elle dévore la bouche de son amant, elle mord les baisers ; ses seins, qu’on sent palpiter sous la main, sont une nouvelle source de jouissance. Au moment suprême de l’amour, elle tressaille comme aiguillonnée par la volupté
Source : Gutenberg

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