Maurice Leblanc

Maurice Leblanc

Résumé

Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc Peau d’Âne et Don Quichotte (1932)

Pierre et Violette avaient bien du chagrin, mais ils s’intéressaient aux menus détails de cette cérémonie qui leur parut terrible et laide. Au petit poète qu’était Pierre, la mort... dont parlent si peu les contes... apparaissait dans tout son réalisme. La mort de Folette, c’était comme l’envol brutal des derniers rêves de la forêt.
Puis, quand le prêtre psalmodia, quand le lugubre cortège se mit en route au son auguste et grave des phrases latines qui jetaient dans l’air leur note archaïque et pieuse, son cœur s’émut... Il comprit qu’il y avait de la beauté jusque dans la mort.
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Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc Peau d’Âne et Don Quichotte (1932)

Mme Boisgarnier souleva son corps émacié qui disparaissait sur un sopha, au milieu d’un amoncellement de coussins et de cachemires :
— Qu’y a-t-il donc, Pierre ? dit-elle à l’enfant, qui glissait le long du rideau. Que fais-tu là ?
— Rien... rien... maman... Ne vous inquiétez pas, je joue...
— À quoi, Seigneur ? À te casser une jambe ?
— Mais non, maman, aux évasions de Latude, le prisonnier de la Bastille. Je m’enfuyais par le carreau quand cette maudite chaise...
— Reste tranquille, Pierre, tu me fatigues. Hein ! tu entends, je te prie de ne plus bouger.
Latude ne bougea plus.
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Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc Peau d’Âne et Don Quichotte (1932)

Artiste sans le savoir, Pierre rêvait en admirant la nature qui, de ce côté, lui prodiguait ses sourires un peu rudes et lui envoyait par bouffées des caresses sauvages.
« Par là » le ciel se regardait dans le miroir d’une large rivière, qui s’étirait mollement telle un reptile sans fin au milieu de l’émeraude des prairies, de l’or des blés et de la pourpre des sainfoins. Les eaux rieuses formaient comme une boucle dont les deux rubans, en s’éloignant, fluides et lactés sous les premières vapeurs du soir proche, enserraient tout un petit monde dans une sorte de presqu’île enchanteresse.
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