Maurice Leblanc

Maurice Leblanc

Résumé

Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc L’Ami de la Logique

J’avais senti que c’était le silence de la mort.
Ma folie date de là. Je me le dis alors : « Voilà que je suis fou. » Il était mort, tout seul, de lui-même. Je n’osais bouger. Mes yeux se renouaient aux siens. Puis le bruit de l’espace recommença. Je perçus le tic-tac de la pendule. Et surtout mon cœur se mit à retentir. C’était la grosse cloche du mort qui sonnait dans ma poitrine, à toute volée.
J’avais peur, formidablement peur. Et je reconnus que c’était sa peur à lui. Oui, inoccupée maintenant, elle passait en moi, et elle se manifestait par les mêmes symptômes.
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Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc L’Ami de la Logique

Tout bruit cessa. Il a toujours du bruit, même dans le silence. Il n’y en eut plus. J’examinai la pendule. Mystère inexplicable, le balancier marchait et il n’y avait aucun bruit. Et il n’y en avait nulle part autour de nous.
Je me tournai vers l’homme, presque pour l’interroger. Le silence venait de lui !
Le silence venait de lui. Cela sortait en grosses bouffées, comme de la fumée qui emplit une chambre. D’abord ses mains ne tremblaient plus. Je m’approchai. Et j’entendis aussi que son cœur ne battait plus, son cœur de grosse cloche.
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Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc L’Ami de la Logique

Je ne nierai pas que j’aie voulu voler, oui, je voulais voler, mais non pas tuer. D’ailleurs, est-il certain que je l’aie tué ? On l’a trouvé mort auprès de moi et j’avais le pistolet au poing... pourtant, je vous l’affirme, à proprement parler, ce n’est pas moi qui l’ai tué, ni personne, ni lui-même. Je sais bien que je suis fou, depuis, et que l’affirmation d’un fou ne pèse guère. C’est un tort. En vérité, personne au monde n’est plus lucide qu’un fou dans les moments où il n’est pas fou.
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