“ Il y a des choses qu’on ne fait pas... Celle-là, Philippe, est monstrueuse ! Tiens, veux-tu que je te dise, Philippe ?... Elle s’approcha de lui, et sourdement : — Écoute, Philippe... écoute cet aveu... Philippe, ta conduite de dimanche, ta cruauté envers ton père, envers Suzanne, envers nous tous, eh bien, oui, j’ai compris cela... j’ai souffert la mort, j’ai souffert plus que les autres... Chacune de tes paroles entrait en moi comme du feu... Mais, tout de même, Philippe, je comprenais... Il fallait nous sacrifier à la cause de la paix. ”
Résumé
“La Frontière”, est une œuvre de Maurice Leblanc. Des thèmes tels que Morestal, Philippe ou Suzanne y sont abordés.
Citations de La Frontière (Maurice Leblanc)
“ Je dois défendre mes idées ! déclara Philippe. Si mon pays fait une folie, je n’ai pas à le suivre. Qu’est-ce que c’est que ces deux grands peuples, les plus civilisés du monde, et qui vont se battre parce qu’ils ne sont pas d’accord sur l’arrestation d’un subalterne, ou parce que l’un d’eux veut manger le Maroc et que l’autre s’exaspère de n’avoir pas sa part au festin ! Et, pour cela, ils vont s’entre-tuer comme des fauves ! jeter partout le deuil et la misère ! Non, moi, je m’y refuse ! Ces mains-ci, Marthe, ces mains-ci ne tueront pas ! J’ai des frères en Allemagne comme en France. ”
“ Les fils d’un déserteur... Oh ! je t’en conjure, Philippe, reste, nous partirons ensemble... et la vie recommencera comme avant... Elle se traînait à ses pieds, humble et suppliante, et elle avait l’impression affreuse que ses paroles ne servaient à rien. Elle se heurtait à une idée, rivale contre laquelle toute sa force se brisait. Philippe ne l’entendait point. Aucune pitié même ne l’inclinait vers elle. Calmement, d’un geste irrésistible, il étreignit les poignets de Marthe, les réunit dans une seule de ses mains, de l’autre ouvrit la porte, et, rejetant sa femme en arrière, il s’enfuit. ”
“ Elle nous éclaire et nous dirige. Elle est notre orgueil et notre foi. Il nous semble que nous avons une seconde vie, la vraie, qui lui appartient, et un cœur inconnu qui ne bat que pour elle. Et nous sommes prêts à tous les sacrifices, à toutes les douleurs, à toutes les misères, à tous les affronts... pourvu qu’elle triomphe. Suzanne l’écoutait avec une admiration visible. Marthe paraissait inquiète. Connaissant à fond la nature de Philippe, elle ne doutait point que, en se laissant aller de la sorte, il ne fût pas seulement entraîné par un flot de paroles éloquentes. ”
“ Et le vieux Morestal criait, en effet, avant même d’entrer : — Où es-tu donc, Suzanne ? Voilà ton père qui arrive. Vite, Jorancé, les enfants sont ici. Mais oui, ta fille également... je l’ai ramenée de Saint-Élophe... Mais toi, tu es donc venu par les bois ? Suzanne enfila de longs gants de suède et, au moment même où la porte s’ouvrit, elle dit, d’un ton de résolution implacable, et comme si cette promesse devait combler Philippe de satisfaction : — On ne verra plus mes bras nus... Personne ne les verra, je vous le jure, Philippe. Personne ne les caressera jamais... ”
“ Morestal, pour la seconde fois prisonnier du Teuton... et, pour la seconde fois, libre. Philippe le regardait avec stupeur, comme une apparition. — Eh bien ! le fiston, c’est ainsi qu’on me reçoit ? Saisissant une serviette, d’un large mouvement il essuya sa figure. Puis il attira sa femme contre lui. — Qu’on m’embrasse, la mère ! À ton tour, Philippe... À ton tour, Marthe !... Et toi aussi, la belle Suzanne... une fois pour moi, et l’autre pour ton père... Ne pleure pas, ma fille... Il va bien, le papa... On le dorlote comme un empereur, là-bas... en attendant qu’on le relâche. ”
“ C’est vous seul, Philippe, que vous m’avez enseigné à connaître... et à aimer. Malgré sa révolte, les mots pénétraient Philippe comme une caresse, et, lui aussi, il s’oubliait à écouter le son d’une voix douce et à regarder des yeux qui vous sont chers. Il dit simplement : — Et Marthe ? Elle ne répondit point, et il sentit qu’elle était, comme beaucoup de femmes, étrangère aux considérations de cette sorte. L’amour est une raison qui, pour elles, excuse tout. Alors, cherchant une diversion, il répéta : — Il faut vous marier, Suzanne, il le faut, c’est le salut. ”
“ Corinne peut-être ? dit Philippe qui plaisanta pour cacher sa gêne. J’avoue qu’on ne distingue pas très bien. Est-ce un péplum ou une robe qui la revêt ? Est-ce un casque ou un turban qui la coiffe ? — Ça dépend, dit Suzanne. — Comment ? de quoi ? — Oui, ça dépend de mon humeur. Elle est Minerve quand je suis sage et forte. Elle est Vénus quand je la regarde avec mon cœur amoureux. Et elle est aussi, suivant les heures, la déesse de la folie... et celle des larmes... et celle de la mort. Elle avait un enjouement qui attrista Philippe. Il lui demanda : — Et aujourd’hui, c’est la déesse... ”
“ Mais non, mais non, riposta Philippe, soulevé d’enthousiasme. C’est la beauté d’un peuple de s’élever au-dessus de ces misérables questions. Et la France en est digne. Sans que vous le sachiez, mon père, depuis quarante ans, depuis la date exécrable, depuis cette guerre maudite, dont le souvenir vous obsède et vous ferme les yeux à toutes les réalités, il est né une autre France, dont le regard s’est ouvert sur d’autres vérités, une France qui voudrait s’évader du passé mauvais, répudier tout ce qui nous reste de la barbarie antique et s’affranchir des lois du sang et de la guerre. ”
“ Marthe tressaillit, touchée au vif. Sa figure changea. Et elle dit, d’une voix qui se contenait : — Ah ! cela non ! Que Philippe s’éprenne d’une autre femme, qu’il veuille refaire sa vie sans moi, et qu’il me l’avoue loyalement, je consentirais à tout... oui, à tout, même au divorce, quel que soit mon désespoir... Mais la trahison, le mensonge... — Tu ne lui pardonnerais pas ? — Jamais ! Philippe n’est pas un homme à qui l’on peut pardonner. C’est un homme conscient, qui sait ce qu’il fait, incapable d’une défaillance et que le pardon n’absoudrait pas. ”
“ Monsieur le ministre, je vous jure qu’il ment... je vous jure... il va jusqu’au bout de son mensonge. Me trahir, lui ! aimer une autre femme ! N’est-ce pas, Philippe, tu mens ? Oh ! tais-toi, tais-toi ! Soudain Philippe sentit une main qui lui tordait le bras. S’étant retourné, il vit le commissaire Jorancé, tout pâle, la figure menaçante, et il l’entendit qui articulait d’une voix sourde : — Qu’est-ce que tu as voulu dire ? De qui s’agit-il ? Ah ! je te forcerai bien à répondre, moi ! Philippe le regarda avec stupeur. Et il regarda aussi le visage méconnaissable de Marthe. ”
“ Le vieux Morestal s’était éloigné. Résolument, Philippe marcha vers la porte qui conduisait au jardin, vers la campagne libre. Mais il n’avait pas fait dix pas, qu’il s’arrêta. Il semblait souffrir indéfiniment, et Marthe, qui ne le quittait point, Marthe, anxieuse, pleine d’espoir et d’appréhension, assistait aux phases de la lutte tragique. — Tout le passé s’impose à toi, Philippe, tout ce que le passé t’a légué d’amour pour la France. Écoute-le. Et répondant aux objections : — Oui, je sais, ton intelligence se révolte. Mais est-ce que l’intelligence est tout ?... ”
“ Mme Morestal remonta du jardin, et il l’entendit qui gémissait : — La guerre ! Seigneur Dieu ! la guerre comme autrefois ! Et ton pauvre père qui est cloué au lit ! Ah ! Philippe, c’est la fin de tout. Elle remit quelques meubles en place, essuya le tapis avec son tablier, et, quand le salon lui parut en ordre, elle se dirigea vers la porte en disant : — Il est peut-être réveillé... Que voudra-t-il faire lorsqu’il apprendra ?... Pourvu qu’il se tienne tranquille ! Un homme de son âge... Philippe s’approcha d’elle, dans un élan instinctif. ”
“ Il y a des situations où l’on doit se pardonner tout le mal qu’on peut se faire. On eût dit, à voir la contraction de son visage, qu’il était sur le point de pleurer, comme un enfant qui retient ses larmes et qui est à bout de forces. Morestal le considéra d’un œil stupéfait. Sa femme l’épiait à la dérobée, et elle sentait la peur monter en elle, ainsi qu’à l’approche d’un grand malheur. Mais la tente s’ouvrit de nouveau. M. Le Corbier entra. Le commissaire spécial Jorancé, que des gendarmes allemands avaient conduit, l’accompagnait. ”
“ J’ai eu peur, dit Philippe, j’ai eu peur de le faire souffrir... Il aurait tant souffert !... Et mon affection pour lui est si profonde !... Et puis, vois-tu, Marthe, les idées qu’il défend, et dont il est, à mes yeux, l’incarnation vivante et admirable, ces idées sont si belles que, quand on ne les partage plus, longtemps encore, toujours, on leur garde, au fond de soi, une sorte de tendresse involontaire. Elles furent la grandeur de notre pays, pendant des siècles. Elles sont fortes, comme tout ce qui est religieux et pur. ”
“ Puis, après de longs instants, posant sa main sur le bras de Philippe, elle lui dit – et ses paroles correspondaient d’étrange manière avec les pensées qui le troublaient : — Ne m’en voulez pas, mon ami, et surtout ne me jugez pas trop sévèrement. Il y a en moi une Suzanne que je connais mal... et qui me fait peur souvent... Elle est fantasque, jalouse, exaltée, capable de tout... oui, de tout... Et ce n’est pas la vraie Suzanne, je vous le jure... La vraie est sage et raisonnable : « Tu es ma fille, aujourd’hui », me disait papa lorsque j’étais petite. ”
“ Il n’eût pas souffert davantage en apprenant la mort de Philippe. Et Marthe répéta : — Mon mari est l’auteur de la brochure intitulée la Paix quand même. Pour l’amour de ses idées, pour être d’accord avec la foi profonde, avec la foi exaltée que ses opinions soulèvent en lui, mon mari est capable... Le Corbier insinua : — D’aller jusqu’au mensonge ? — Oui, dit-elle. Une fausse déposition ne peut que lui paraître insignifiante auprès de la grande catastrophe qu’il veut conjurer, et sa conscience, seule, lui dicte son devoir. Est-ce vrai, Philippe ? ”
“ Mme Morestal le prit à part et, une dernière fois, lui recommanda de surveiller son père. Tous trois, ils s’en allèrent vers le col du Diable. Un ciel lourd, pesant de nuages, se traînait sur la cime des montagnes, mais le temps était tiède et les pelouses semées d’arbres avaient encore un air d’été. Marthe dit, pour rompre le silence : — Il y a quelque chose dans la nature d’apaisant et de doux aujourd’hui. C’est bon signe. Ceux qui dirigent l’enquête en subiront l’influence. Car tout dépend, n’est-ce pas, Philippe, de leur humeur, de leurs impressions, de l’état de leurs nerfs ? ”
“ Suzanne dit à voix basse : — Puis-je vous donner le bras, Philippe ? Il s’empressa aussitôt, heureux de lui faire plaisir. Et il éprouvait d’ailleurs un grand bien-être à voir qu’elle s’inclinait contre lui avec la confiance d’une amie. Ils allaient se séparer, et rien ne ternirait le pur souvenir de ce jour. Impression réconfortante, qui n’était point cependant sans lui causer quelque tristesse. Le devoir accompli laisse toujours un goût d’amertume. L’ivresse du sacrifice ne vous exalte plus, et l’on comprend ce qu’on a refusé. ”
“ Marthe avait décroché un fusil et le présentait à Philippe. Il l’empoigna avec une sorte de désespoir. — Qui m’aurait jamais dit ?... balbutia-t-il. — Moi, Philippe... J’étais sûre de toi. Il ne s’agit pas de théories, mais de faits implacables. C’est la réalité, aujourd’hui... C’est l’ennemi qui foule le coin de terre où tu es né, où tu jouais, enfant. C’est l’ennemi qui pénètre en France. Défends-la, Philippe. ”
“ Trois fois, ils suivirent l’allée extérieure, le long d’une haie et le long d’un mur. Ils ne disaient rien, et ce silence, qu’il lui était impossible de rompre, emplissait Philippe de remords. En ce moment, il éprouva de l’aversion contre cette petite fille fantasque et déraisonnable, qui suscitait entre eux ces minutes équivoques. Peu habitué aux femmes, assez timide avec elles, il lui supposait des desseins mystérieux. — Allons là, dit Suzanne, en désignant, au milieu du jardin, un groupe plus épais d’arbustes et de charmilles où l’ombre semblait s’accumuler. ”
“ Peut-être Marthe eût-elle souhaité davantage, et peut-être, jeune fille, avait-elle rêvé que la femme n’est pas seulement l’épouse et la mère, qu’elle est aussi l’amante de son mari. Mais elle vit bientôt que l’amour comptait peu pour Philippe, homme d’étude, et qui s’intéressait beaucoup plus aux spéculations de la pensée et aux problèmes sociaux qu’à toutes les manifestations du sentiment. ”
“ La tempête secouait maintenant la France entière, et l’Allemagne, toute l’Europe frémissante. Ils l’entendaient rugir. La terre craquait sous son effort. Quel cataclysme épouvantable allait-elle provoquer ? Et eux, qui l’avaient déchaînée, acteurs infimes relégués à l’arrière-plan, comparses dont le rôle était fini, ils ne pouvaient plus rien voir du spectacle que des lueurs lointaines et sanglantes. Philippe s’enfermait dans un silence farouche qui désolait sa femme. Morestal était agité, nerveux, d’humeur exécrable. ”
“ La France envahie de nouveau... la France démembrée... la France rayée du monde... — Mais non, mais non, fit-il, avec un geste de protestation ; il ne s’agit pas de cela ! — Si, il s’agit de cela, il s’agit de sa vie ou de sa mort... Et toi, tu désertes ! Philippe ne bougeait point. Marthe le sentit, sinon ébranlé, du moins inquiet, mal à l’aise. Mais, subitement, il décroisa ses bras, et frappant la table du poing : — Il le faut ! Il le faut ! J’ai promis !... Et j’ai eu raison de promettre ! Et je tiendrai mon serment ! Ce que tu appelles déserter, c’est combattre, mais le vrai combat ! ”
“ Elle contournait les murs, puis redescendait jusqu’à l’Étang-des-Moines, dont elle suivait la rive gauche. Interrompue soudain, elle se continuait en un mauvais sentier que l’on voyait au loin, dressé comme une échelle contre un rempart, et qui s’engageait dans une coupure étroite, entre deux montagnes d’aspect plus âpre, de forme plus heurtée que les paysages ordinaires des Vosges. C’était le col du Diable, situé à quinze cents mètres et au niveau du Vieux-Moulin. Quelques bâtisses s’accrochaient à l’un des versants du col, la ferme Saboureux. ”
“ Et obstinément, rageusement, elle reprenait toute l’histoire lamentable, évoquant le séjour de Suzanne à Paris, les promenades auxquelles Philippe conviait la jeune fille et d’où ils revenaient tous deux avec un air de telle allégresse, leur réunion au Vieux-Moulin, le départ de Philippe pour Saint-Élophe, et, le lendemain, l’attitude étrange de Suzanne, ses questions équivoques, son mauvais sourire de rivale qui cherche à blesser l’épouse et qui rêve de la supplanter. Oh ! la cruelle aventure et comme la vie, si douce auparavant, lui semblait odieuse et méchante ! ”
“ Elle se mit à rire. — Philippe ! Philippe ! vous n’avez pas l’air de comprendre grand’chose aux femmes... et moins encore aux jeunes filles. Elle se leva et passa dans la pièce voisine, qui était sa chambre, comme il put le voir aux rideaux blancs et à l’arrangement des meubles, et elle revint avec un album où elle lui montra en première page, la photographie d’un enfant qui sanglotait. — Regardez, Philippe. Je n’ai pas changé. À deux ans comme aujourd’hui, j’avais de gros chagrins, et des yeux qui coulaient comme des fontaines. Il feuilleta l’album. C’était Suzanne à tous les âges. ”
“ Pour des hommes comme Philippe, de nature droite, d’esprit généreux, mais qui ne perdent point leur temps à réfléchir sur les petits cas de conscience que suscite la vie quotidienne, le sentiment du devoir accompli devient, aux périodes de crise, une sorte de mesure d’après laquelle ils jugent leurs actes. Ce sentiment-là, Philippe l’éprouva en toute sa plénitude. Placé, par une série de circonstances anormales, entre l’obligation de trahir Suzanne ou l’obligation d’affirmer sous serment une chose qu’il ignorait, incontestablement il était en droit de mentir. ”
“ Il aurait fallu faire face au danger, bravement, et accumuler les explications, au risque de se contredire. Il rougit et balbutia. C’était déjà donner barre sur lui. Morestal avait repris sa place. Le Corbier attendait, impassible. Dans le grand silence, Marthe, toute pâle, d’une voix lente, qui détachait les syllabes les unes des autres, prononça : — Monsieur le ministre, j’accuse mon mari de faux témoignage et de mensonge. C’est maintenant, en rétractant ses dépositions antérieures, qu’il s’insurge contre la vérité, contre une vérité qu’il connaît... oui, qu’il connaît, je l’affirme. ”
“ La guerre ! Les uhlans qui brûlent tout !... Il paraissait terrifié. Ses vieilles mains osseuses se convulsaient au bras de M. de Trébons, et ses petits yeux étincelaient de fureur. Le père Poussière hocha la tête et bredouilla : — Ah ! non... les uhlans... les uhlans... M. de Trébons se dégagea sans brusquerie et les fit asseoir. Puis, s’avançant vers Marthe : — M. Le Corbier serait désireux de vous voir, madame, en même temps que M. Philippe Morestal. Et il prie aussi M. Morestal de vouloir bien revenir. Les deux Morestal et Marthe s’en allèrent, laissant Suzanne Jorancé. ”
“ Si tu étais mère... — Moi, c’est celui qui me rappellerait le plus mon mari que j’aimerais le plus. Pour l’autre, il me semblerait que mon mari avait cessé de m’aimer... — Tu rapportes tout à l’amour, ma pauvre Suzanne ! Crois-tu donc qu’il n’y a pas autre chose que l’amour ? — Il y a beaucoup d’autres choses. Mais toi-même, Marthe, ne voudrais-tu pas que l’amour tînt plus de place dans ta vie ? Cela fut prononcé avec une certaine ironie dont Marthe sentit la pointe. Mais avant qu’elle eût le temps de répliquer, Philippe apparut sur le seuil de la porte. ”
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