Ivan Tourgueniev,
Premier Amour
“ Elle était si pâle, une tristesse si amère, une fatigue si profonde se peignaient dans chacun de ses traits, que mon cœur se serra, et que, malgré moi, je murmurai : — Qu’avez-vous ? Zinaïda, avançant la main, arracha une herbe, la mordit et la rejeta au loin. — Vous m’aimez beaucoup ? demanda-t-elle enfin. — Oui ? Je ne répondis rien ; à quoi bon répondre, d’ailleurs ? — Oui, répéta-t-elle en continuant à me regarder, — c’est cela ! les mêmes yeux !... ajouta-t-elle en restant rêveuse et en cachant son visage dans ses mains. — Tout me dégoûte, murmura-t-elle. ”
