Résumé

Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc L’Âme du père Vivandieu

Et, sans m’occuper des moqueries, la deuxième année, je commençai mon pèlerinage à la gare. Elle m’y apparaîtra un jour ou l’autre, je le sais. Voyez-vous, le chagrin et la solitude m’ont appris bien des choses. J’ai prévu que l’amour réservait à la pauvre enfant une première déception, qu’elle n’oserait pas me revenir encore, que son caractère romanesque la conduirait à d’autres tentatives, et que la dure réalité les changerait aussi en d’autres déceptions... jusqu’au moment où le besoin de repos me la ramènera.
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Ainsi, chez les plus niais et les plus lourds, parmi la croûte des appétits, des besoins et des habitudes, la douleur fait jaillir des éclairs d’âme qui les animent un instant du feu de la vraie vie.
C’est à ces instants que j’accourais auprès du père Vivandieu. Surtout je ne manquais point de l’accompagner à la gare. Il s’y rendait, le pauvre homme, en un état d’esprit immuable. Chaque jour renaissait sa confiance, identique, sans incertitude.
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Mme Vivandieu, après quatre ans de ménage, disparut un beau matin, et, chose étrange, cette fuite coïncida avec le départ d’un jeune gentilhomme voisin qui la courtisait fort. Il est donc tout naturel que son mari attende avec une certaine impatience le retour de l’épouse prodigue.
La curiosité s’exaspère en province, où les moindres faits sont gros d’importance. L’âme de ce vieillard me sembla soudain indispensable à connaître.
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