Résumé

Kotzebue Revue des Deux Mondes

Nous étions tous accroupis, et nous attendions avec impatience le hardi novateur : il arrive enfin, et se présente comme un homme sûr de son fait. Son audace est couronnée de succès : on connaît de reste tout le mal qui en est résulté. Les hommes parcoururent le monde sur deux jambes seulement, et atteignirent bientôt le soi-disant siècle d’argent.
Mille ans après s’opéra une nouvelle révolution. Un autre téméraire s’engagea à marcher sur l’eau dans un tonneau retenu au rivage par une simple corde.
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Kotzebue Revue des Deux Mondes

L’audacieux tint parole, et en présence d’une foule immense attirée par la curiosité, il s’abandonne au courant pendant au moins six brasses, puis, levant la tête hors de son tonneau, il s’élança sur le rivage au bruit des applaudissemens et des cris de joie poussés par les spectateurs. Il fut aussitôt couronné de lauriers, et porté en triomphe jusqu’à sa demeure.
Ce fut ainsi que les hommes, apprenant à dompter un nouvel élément, se créèrent des besoins nouveaux, et voguèrent, au gré des vents, du siècle d’argent dans le siècle de plomb.
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L’audacieux qui y était placé, agitant dans l’air son chapeau, saluait cinquante mille individus qui le contemplaient bouche béante, et dont les cent mille mains témoignaient leur admiration par un tonnerre d’applaudissemens. Confondu au milieu de la foule, j’étais ému jusqu’aux larmes par la grandeur et la nouveauté du spectacle auquel j’assistais, et quand le pilote aérien se perdit tout-à-fait dans les nues, moi je me perdis en méditations sur la profondeur de l’esprit humain.
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