André Lamandé

Résumé

André Lamandé Revue des Deux Mondes

« Les ruisseaux sont taris, le jour n’a plus d’haleine,
Mon Bien-Aimé, voici le breuvage des dieux,
Bois à même. » Il refuse alors, ferme les yeux :
« Va-t’en, je n’ai plus soif. » Soumise, bien que lasse,
Néère aux seins puissants sur son épaule place
L’amphore et, vers les monts où chante la forêt,
En un balancement s’éloigne et disparaît.
Le jour brûle. Paies entr’ouvre la paupière,
Il étire ses bras transparents de lumière,
Et mûrit, dans la plus exquise volupté,
Le fruit brun de son corps au soleil de l’été.
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André Lamandé Revue des Deux Mondes

Les arbres au zéphyr jettent des fleurs, le jour
Nimbe d’or lumineux votre tête d’ivoire,
Mais vous pleurez, hélas ! et les nymphes des bois
Écoutent le plaintif appel de votre voix :
« Que ne suis-je, ô Daphnis, ta chevelure noire
« Pour couvrir ton épaule et parfumer ton corps,
« La flûte qui reçoit du baiser de ta bouche
« Une haleine chantante en de touchants accords,
« Et la paille menue où ta beauté se couche,
« Que ne suis-je, Daphnis, le fruit mûr que tu mords ? »
MIDI ATTIQUE
Néère offre à Palès une amphore de vin.
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André Lamandé Revue des Deux Mondes

Laisse flotter dans l’air ton haleine et ta voix,
Et répands sur mes yeux l’eau fraîche de tes doigts.
L’INSTINCT DE LA VIE
Aimez la vie, et que vos mains, chaque journée,
La couronnent de verts et flexibles rameaux.
C’est nous seuls qui faisons nos peines et nos maux :
Nous fanons en un soir les roses d’une année.
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