André Lamandé, Revue des Deux Mondes
“ « Les ruisseaux sont taris, le jour n’a plus d’haleine, Mon Bien-Aimé, voici le breuvage des dieux, Bois à même. » Il refuse alors, ferme les yeux : « Va-t’en, je n’ai plus soif. » Soumise, bien que lasse, Néère aux seins puissants sur son épaule place L’amphore et, vers les monts où chante la forêt, En un balancement s’éloigne et disparaît. Le jour brûle. Paies entr’ouvre la paupière, Il étire ses bras transparents de lumière, Et mûrit, dans la plus exquise volupté, Le fruit brun de son corps au soleil de l’été. ”
