André Lamandé

Élements biographiques

André Lamandé,  Sous le clair regard d'Athéné (1920)

“ Allys leva le front vers elles et leur dit : « O mes soeurs d'autrefois, compagnes de débauche, Fuyez ! Mon coeur est comme un vase qu'on ébauche Et que doit animer le souffle de l'Esprit. »
Mais elles, du narcisse en grappes sur la tête, Entonnèrent des airs subtils et nonchalants :
« La flûte des bergers joue un hymne de fête,
Allys, l'heure est limpide et nos beaux corps sont blancs, Et le dieu du plaisir dans l'ombre nous appelle... » — Tentatrices, fuyez ! Mon amant, l'Idéal,
Dont la lance de fer vainquit l'ange du mal,
Suffit à mon bonheur et je lui suis fidèle.
”
Source : Gallica

André Lamandé,  Revue des Deux Mondes

“ « Les ruisseaux sont taris, le jour n’a plus d’haleine,
Mon Bien-Aimé, voici le breuvage des dieux,
Bois à même. » Il refuse alors, ferme les yeux :
« Va-t’en, je n’ai plus soif. » Soumise, bien que lasse,
Néère aux seins puissants sur son épaule place
L’amphore et, vers les monts où chante la forêt,
En un balancement s’éloigne et disparaît.
Le jour brûle. Paies entr’ouvre la paupière,
Il étire ses bras transparents de lumière,
Et mûrit, dans la plus exquise volupté,
Le fruit brun de son corps au soleil de l’été.
”
Source : Wikisource

André Lamandé,  Castagnol

“ L’étudiant, qu’on savait un familier de la maison, fit un discours sur la tombe du pauvre Escarbagnac. Il dit pompeusement les vertus de cet homme simple et s’embrouilla dans une phrase latine qui fit sensation. On le félicita ; les deux filles rousses sanglotèrent, et l’étudiant emmena tout ce monde à la rôtisserie du défunt, afin qu’un vin chaud, parfumé de cannelle, les réconfortât. Il emplit lui-même les verres, ce qui ne manqua pas d’étonner.
— Quel brave homme, cet Escarbagnac ! — buvez, mes amis !... disait l’étudiant — un brave homme doublé d’un rôtisseur hors ligne.
”
Source : Wikisource

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