André Lamandé

Résumé

André Lamandé Castagnol

L’étudiant, qu’on savait un familier de la maison, fit un discours sur la tombe du pauvre Escarbagnac. Il dit pompeusement les vertus de cet homme simple et s’embrouilla dans une phrase latine qui fit sensation. On le félicita ; les deux filles rousses sanglotèrent, et l’étudiant emmena tout ce monde à la rôtisserie du défunt, afin qu’un vin chaud, parfumé de cannelle, les réconfortât. Il emplit lui-même les verres, ce qui ne manqua pas d’étonner.
— Quel brave homme, cet Escarbagnac ! — buvez, mes amis !... disait l’étudiant — un brave homme doublé d’un rôtisseur hors ligne.
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André Lamandé Castagnol

Cette partie fondante qu’on appelle le croupion éveille un plaisir qui ne va pas sans un peu de mollesse. La sensualité l’emporte sur l’esprit. Au faisan qui embaume et ravit, le mot délicieux ne peut convenir ; il est délectable. Je dis : délectable.
Sur ce thème subtil, de la synonymie en épithètes, de savantes discusions coururent, s’embrouillèrent, se dénouèrent, et, la multiplicité des vins aidant, l’effervescence devenait générale et le maître-rôtisseur continuait d’affirmer, en riant, que boire donne soif.
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André Lamandé Castagnol

Bien que sa vie fût active et jacassante, Justin Castagnol trouva le temps de se marier. Dieu l’aidant, il eut une fille, Huguette, qui se montra, dès sa jeunessee, ingénue non moins que jolie, et l’achalandage de la pâtisserie en fut accru. En somme, jusqu’à ce jour, Castagnol, heureux, n’eut guère d’histoire, malgré un veuvage rapide, une fortune et un renom sans cesse grandissants. Ses mœurs étaient liantes et débonnaires, ses intentions pures, ses volailles odorantes et ses macarons à nuls autres pareils.
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