Maurice Leblanc

Maurice Leblanc

Résumé

Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc Voici des ailes ! (1898)

Pascal insinua :
Madeleine, trempez vos pieds dans cette eau, ça vous délassera, et c’est un spectacle que j’aimerais.
Elle l’examina un peu tristement :
— Pascal, Pascal, ce n’est pas bien, vous cherchez à effacer un autre souvenir et à me forcer à faire une chose parce que Régine l’a faite.
— Pourquoi non ? avoua-t-il... soyez indulgente à ma faiblesse. Peut-être aussi voudrais-je qu’il y eût entre nous moins de réserve. Nos âmes se rapprochent chaque jour, et cependant des obstacles s’opposent à nos mains qui aimeraient s’étreindre, à notre désir secret d’un peu plus d’abandon.
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Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc Voici des ailes ! (1898)

C’est la vie qui prend connaissance d’elle-même, de sa force, de son étendue, de sa profondeur. C’est la notion de la vie qui nous apparaît seulement ici, vis-à-vis de la nature, comme parfois, moins haute et moins noble, elle nous apparaît vis-à-vis de l’esprit dans l’extase de l’art, vis-à-vis de l’humanité dans la communion des sexes.
L’espace les grisait, leurs bouches balbutiaient des phrases au hasard.
— Il n’y a plus de chagrin, Madeleine, ni tristesse ni rancunes... il y a du bonheur... je suis heureux...
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Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc Voici des ailes ! (1898)

Madeleine dit simplement :
— Moi non plus je n’en ai pas.
Aussitôt elle rougit, car elle vit que les yeux de Pascal se dirigeaient vers son buste.
Autour d’eux un verger paisible les conviait. Quand ils s’y furent reposés, ils se mirent en marche. Un tissu de voiles légers tamisait les rayons du soleil. Après une heure de silence, comme d’Arjols et Régine disparaissaient dans le lointain, Pascal s’écria tout à coup :
— Oh ! la bonne vie de hasard et d’imprévu ! la bonne vie si pure et si nouvelle ! Cela devient passionnant de vivre. Oh !
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