Résumé

Louis Bourgaut Échos du coeur, poésies nouvelles (1882)

De coeurs de femmes ? Ton haleine a-t-elle effleuré
Celle que j'aime?.
LA VIE ET LE COEUR. 177
Dans la nuit a-t-elle pleuré
Comme moi-même ? Tu ne peux te rassassier
Amour, de larmes, Pas plus que le noble coursier
Du bruit des armes, L'oiseau de l'air pur, le gazon
De la rosée, L'enfant de baisers, la raison
De la pensée, La chèvre de cytise et l'abeille de fleurs.
La fiancée S'endort heureuse et toute en pleurs,
Par toi bercée, Amour, en nous faisant souffrir
Tu nous fais vivre ; De tes doux rêves de plaisir
Mon coeur s'enivre ;
Sans toi tous les mortels détesteraient le jour.
Source : Gallica

Louis Bourgaut Échos du coeur, poésies nouvelles (1882)

On ne peut dormir. Qu'en penses-tu, chère mignonne ? Comme moi, tu l'entends frémir,- Et tu vois l'éclair qui rayonne
Dans les ténèbres de la nuit. Peut-être crains-tu le tonnerre Dont les échos, terrible bruit, Font trembler le ciel et la terre ?
Quel éclat, quel fracas soudain, Puis, quel bruit sourd, lugubre, sombre Se prolonge, dans le lointain, En crépitations sans nombre !
Tu n'as point peur, non, n'est-ce pas ? Et ton coeur ne craint point l'orage ; S'il bat fort, s'il frémit tout bas, C'est qu'à ta pensée une.
Source : Gallica

Louis Bourgaut Échos du coeur, poésies nouvelles (1882)

De ton souffle empesté, dans de malheureux coeurs Va porter la ruine ; et fais tes coups à l'ombre. Va sans bruit, et surprends un innocent en pleurs ; Étouffe son haleine, empoisonne son âme, Courbe sa tête, et cherche à souiller son beau front. Tiens-le sur la poussière, et puis d'un jet de flamme Fais un trait : c'est le sceau du plus cruel affront, Fais donc saigner ce coeur, arrache-lui la vie, Assassine, mais non ! tu ferais trop de bruit. Reptile abject, hideux compagnon de l'envie, Tu te glisses dans l'ombre et frappes dans la nuit; Tu crains le jour, tu fuis la plus faible lumière
Source : Gallica

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