Résumé

Portrait de Molière Molière Oeuvres complètes de Molière : édition "variorum" collationnée sur les meilleurs textes… (1895)

Ont-ils des soupirs différents ? Et, quand on aime bien et qu'on voit ce qu'on aime, Peut-on songer à des parents ?
PSYCHÉ. Ce n'est point là ce qui m'afflige.
L'AMOUR. Est-ce l'absence d'un rival, Et d'un rival aimé, qui fait qu'on me néglige?
PSYCHÉ. Dans un coeur tout à vous que vous pénétrez mal! Je vous aime, Seigneur, et mon amour s'irrite De l'indigne soupçon que vous avez formé : Vous ne connoissez pas quel est votre mérite,
Si vous craignez de n'être pas aimé. Je vous aime, et, depuis que j'ai vu la lumière, Je me suis montrée assez fière Pour dédaigner les voeux de plus d'un roi
Source : Gallica

Portrait de Molière Molière Oeuvres complètes de Molière : édition "variorum" collationnée sur les meilleurs textes… (1895)

VÉNUS.
Tout votre coeur s'en est laissé charmer, Et vous l'avez aimé dès qu'il vous a dit : « J'aime. »
PSYCHÉ. Pouvois-je n'aimer pas le dieu qui fait aimer, Et qui me parloit pour lui-même? C'est votre fils, vous savez son pouvoir, Vous en connoissez le mérite.
VÉNUS.
Oui, c'est mon fils, mais un fils qui m'irrite, Un fils qui me rend mal ce qu'il sait me devoir,
Un fils qui fait qu'on m'abandonne, Et qui, pour mieux flatter ses indignes amours,
ACTE IV, SCENE V
Depuis que vous l'aimez ne blesse plus personne Qui vienne à mes autels implorer mon secours.
Source : Gallica

Portrait de Molière Molière Oeuvres complètes de Molière : édition "variorum" collationnée sur les meilleurs textes… (1895)

AGÉNOR. Vous avez pu, sans être injuste ni cruelle, Nous refuser un coeur réservé pour un dieu. Mais revoyez Vénus : le Destin nous rappelle, Et nous force à vous dire adieu. PSYCHÉ. Ne vous donne-t-il point le loisir de me dire Quel est ici votre séjour? CLÉOMÈNE. Dans des bois toujours verts, où d'amour on respire
Aussitôt qu'on est mort d'amour. D'amour on y revit, d'amour on y soupire, Sous les plus douces lois de son heureux empire, Et l'étemelle nuit n'ose en chasser le jour Que lui-même il attire Sur nos fantômes qu'il inspire, Et dont aux enfers même il se fait une cour.
Source : Gallica

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