“ Un type bien amusant, c'est le souffleur gobeur.C'est un jeune, celui-là! Il n'est pas encore blasé et s'amuse dans son trou, plus que le titi qui a payé sa place.Pour lui, la pièce est toujours nouvelle; il sait tous les rôles par cœur, y compris ceux des femmes et pourrait, à la rigueur, souffler sans brochure.Il faut le voir pendant la pièce, soupirer avec l'amoureux, rire avec le comique, pleurer avec l'ingénue, maudire avec le père noble; il sanglote trépigne, chauffe le traître, encourage la duègne et s'oublie parfois jusqu'à crier au premier rôle: «Vas-y!» ”
Félix Galipaux
Résumé
Galipettes, de Félix Galipaux, plonge dans le monde vibrant du théâtre, où artistes, comédiens et souffleurs partagent des instants de tension et de complicité. À travers les personnages de Cinguy, Floridor ou Momus, l’œuvre explore les difficultés de la mise en scène, les rivalités entre collègues et les farces des coulisses.
Les extraits révèlent une passion pour le métier, entre le stress des répétitions et l’enchanteur des soirées de spectacle, tout en soulignant le rôle crucial du souffleur, témoin silencieux et indispensable de chaque prestation.
Citations de Galipettes (Félix Galipaux)
“ C'était ma dernière soirée. Quand vers six heures moins le quart....—Neuf heures moins le quart! me hurle le pianiste.Enfin, la poésie répétée, comme l'eût fait un enfant pressé d'aller en récréation, je rentre dans la coulisse, anéanti et tombe dans un fauteuil. J'étais en eau! Je m'éponge en soufflant: faisons ... un arrêt.—Un entr'acte! tressaute ce prédécesseur de l'homme-cheval. Vous n'y pensez pas!Et il bondit sur la scène.Je parviens à retenir un pan de son habit:—Grâce, grâce! suppliai-je à genoux.Le pan m'échappe, et l'homme était au piano. ”
“ Notre bonhomme dort en soufflant ou souffle en dormant, comme il vous plaira; pendant l'entr'acte, au lieu d'aller siroter le mêlé-cassis chez le concierge du théâtre, buvetière de messieurs de l'orchestre, machinistes et autres employés, il reste enfoui dans le fond de sa boîte et dort du sommeil du juste, jusqu'au moment précis où le rideau se lève; et ce n'est pas la sonnette qui l'a réveillé, non plus que la petite polka-vinaigre jouée par l'orchestre: c'est l'instinct. Il ouvre l'œil au moment voulu; son somme est mesuré.Souffler est extrêmement difficile. ”
