Charles de Saint-Julien

Élements biographiques

Charles de Saint-Julien Revue des Deux Mondes

Il demeure donc toujours original en imitant ; mais lorsque, cherchant ses sujets en lui-même, il les lie dans sa conception à la vie et aux mœurs de son pays, alors la Russie tout entière se réfléchit dans ses œuvres : mœurs, idées, préjugés, caractère, physionomie, langue, costumes, tout s’y trouve. Ce sont les hommes du peuple, la petite noblesse, les employés, les artistes, les plus hauts personnages, mis en scène avec une verve inimitable. La politique elle-même, trouve place dans les piquans tableaux du fabuliste : ainsi un chat glouton, c’est la satire d’un favori tout-puissant
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Charles de Saint-Julien Revue des Deux Mondes

Le seul don Juan possible pour Pouchkine, c’était le héros de son poème satirique d’Onéguine, car Onéguine, c’était Pouchkine lui-même, c’est-à-dire l’homme blasé, non pas celui de notre vieille Europe : celui-là est, comme elle, vieux d’expérience ; la vie n’est plus pour lui qu’un fruit desséché dont il a exprimé le dernier suc, qu’un livre sans secrets, dont il a lu la dernière page ; son intelligence est blasée comme son cœur ; l’abus du raisonnement a tué la raison dans son esprit. Onéguine est au contraire l’enfant d’une civilisation naissante
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Charles de Saint-Julien Littérature russe - Moumounia

Un matin Guérassime avait reçu l’ordre de partir incontinent pour Moscou. On lui avait acheté un caftan pour l’été, une touloupe pour l’hiver [5] , après quoi on lui avait mis entre les mains une pelle avec un balai, et il s’était vu créer dvornik. Son nouveau genre de vie lui déplut d’abord. Dès son enfance, il avait été habitué à la vie des champs et aux travaux qui la remplissent; isolé de la société des hommes par sa double infirmité, il avait grandi muet et puissant comme l’arbre qui croît sur une terre féconde.
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