I. Tourguenef

Élements biographiques

I. Tourguenef Trop menu le Fil casse, scènes de la vie russe

Bonjour, Vera Nicolaevna.
VERA. Bonjour.
MOUKHINE. Le thé est servi ? Eh bien ! je vais déjeuner. (Il se dirige vers la salle à manger.)
GORSKI. Vera Nicolaevna, donnez-moi donc votre main... (Elle lui tend la main en silence.) Qu’avez-vous ?
VERA. Dites-moi, Eugène Andréitch, votre ami Moukhine est-il bête ?
GORSKI. Je n’en sais rien... Il passe pour un homme intelligent... Mais quelle question !...
VERA. Êtes-vous très lié avec lui ?
GORSKI. Je le connais... Qu’est-ce qu’il peut donc ?... Est-il ?...
VERA, vivement. Rien,... rien,... je ne sais...
GORSKI, montrant la rose.
Source : Wikisource

I. Tourguenef Le roi Lear de la steppe

J’ai l’honneur de vous saluer, Dmitri Séménitch. Tirez des bécasses tant que vous voudrez ; c’est un oiseau qui passe, qui n’appartient à personne ; mais, si un lièvre traverse votre chemin, épargnez-le : c’est notre gibier. J’oubliais encore,... n’auriez-vous pas un petit de votre chienne ?
— A-ou ! fit encore entendre Evlampia.
— A-ou ! a-ou ! répondit Slotkine, et il s’éloigna en courant.
Je me souviens que, resté seul, je me dis à moi-même : — Comment Kharlof n’a-t-il pas exterminé Slotkine... à ne laisser qu’un peu de boue sur la place ?..
Source : Wikisource

I. Tourguenef Anouchka, Souvenirs des bords du Rhin

Gagine se trouvait dans cet état particulier d’ardeur et de furie qui prend subitement les artistes dilettantes comme un accès de fièvre, lorsqu’ils s’imaginent qu’ils ont réussi, comme ils le disent, à « saisir la nature par la queue. » Il se tenait tout ébouriffé, tout barbouillé de couleur, devant une toile, et s’escrimait du pinceau. Il me salua d’un signe de tête presque rébarbatif, se recula de quelques pas, cligna les yeux, et se jeta de nouveau sur son tableau. Je me gardai bien de le déranger, et j’allai m’asseoir auprès d’Anouchka.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature