Résumé

I. Tourguenef Le roi Lear de la steppe

Une foule remplissait la cour ; des paysannes, des gens de service, des enfans se pressaient le long des haies. Une vingtaine de paysans s’étaient rassemblés en groupe à quelque distance. Le vieux prêtre, que je connaissais déjà, se tenait sans chapeau sur le perron de l’autre maisonnette ; de temps en temps, il soulevait des deux mains un vieux crucifix de cuivre et semblait le montrer à Kharlof en silence et sans espoir. Près de lui, le dos appuyé contre le mur et les bras croisés sur la poitrine, Evlampia regardait son père avec une sombre attention.
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I. Tourguenef Le roi Lear de la steppe

J’ai l’honneur de vous saluer, Dmitri Séménitch. Tirez des bécasses tant que vous voudrez ; c’est un oiseau qui passe, qui n’appartient à personne ; mais, si un lièvre traverse votre chemin, épargnez-le : c’est notre gibier. J’oubliais encore,... n’auriez-vous pas un petit de votre chienne ?
— A-ou ! fit encore entendre Evlampia.
— A-ou ! a-ou ! répondit Slotkine, et il s’éloigna en courant.
Je me souviens que, resté seul, je me dis à moi-même : — Comment Kharlof n’a-t-il pas exterminé Slotkine... à ne laisser qu’un peu de boue sur la place ?..
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I. Tourguenef Le roi Lear de la steppe

Souvenir, Lizinski et Gitkof se tenaient dans la salle à manger. Le major en retraite s’était fourré dans un coin comme un écolier en pénitence. Son visage exprimait la confusion et le dépit ; ses yeux étaient rouges, on eût dit qu’il venait de pleurer. Je n’eus pas grand’peine à deviner que, si ma mère montrait de la mauvaise humeur, mon arrivée tardive n’y était pour rien. Elle ne dit pas un mot pendant tout le dîner. Le major jetait sur elle des regards piteux, ce qui pourtant ne l’empêchait pas de manger avec voracité. Souvenir tremblait comme s’il avait eu la fièvre
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