Jules Legras

Élements biographiques

Jules Legras,  Au pays russe

“ Après les jours effroyablement gris et sinistres de l'automne russe, ces jours de spleen, qui semblent la fin de tout, dans un universel écrasement, voici que le soleil renaît. La campagne blanche se couvre de pistes luisantes où circulent des traîneaux lents chargés de bois et des denrées les plus diverses. La gaîté et la vie partout s'épandent.
La neige est aussi nécessaire à la Russie que le soleil à notre été : sans neige, tout périrait dans la terre. Un hiver sans neige et un été sans eau, voilà les deux plus grandes calamités pour le pays russe ; dans les deux cas, c'est la famine.
”
Source : Gutenberg

Jules Legras,  Au pays russe

“ La route boueuse qui, sous les grisailles du crépuscule, coupe la morne plaine, et va se perdre tout là-haut, sur la ligne claire du ciel, c'est bien la route de civilisation que suit ce peuple enfant, cet obscur rêveur : lentement, avec des ornières et des coudes, elle monte, elle monte là-haut. Et lui, le paysan en sandales d'écorce, lui qui regarde vaguement au loin, insouciant du train qui passe, c'est bien le résigné paysan russe : sans un regard en arrière, il s'avance, avec son petit cheval ami, et il vainc la distance, la fatigue, l'ennui ”
Source : Gutenberg

Jules Legras,  Revue des Deux Mondes

“ On devine par ces récits le caractère de l’occupation russe en Mandchourie : c’est l’élément civil russe, ce sont les ingénieurs de la pseudo-compagnie du Chemin de Fer Est-Chinois, qui ont conquis le pays, paisiblement, adroitement ; ce sont eux qui ont établi de véritables liens entre les envahisseurs et les envahis. L’élément militaire, au contraire, moins souple par nature, moins préoccupé des nuances, a d’abord, dans une inaction forcée, rongé impatiemment son frein. Quand on l’a déchaîné, il s’est laissé, en plus d’un cas, emporter trop loin dans la voie des représailles. ”
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature