Résumé

Polyptyque de l'abbé Irminon ou Dénombrement des manses… (1844)

Suivons les progrès du peuple dans les états formés des ruines de l'empire d'Occident. L'esclave que le paganisme, en se retirant, remit aux mains de la religion chrétienne, passe d'abord de la servitude au servage ; puis il s'élève du servage à la mainmorte, et de la mainmorte à la liberté. Dans l'origine, il ne possède que sa vie, et encore ne la possède-t-il que d'une manière précaire. C'est moins le pouvoir public que l'intérêt privé, moins la loi que la charité ou la pitié, qui la lui garantissent : garantie insuffisante, bien faible pour des siècles aussi cruels.
Source : Gallica

Polyptyque de l'abbé Irminon ou Dénombrement des manses… (1844)

En s'écartant de la liberté pour se rapprocher de l'esclavage, il dégénéra de jour en jour. La servitude, au contraire, tempérée par la charité chrétienne, tendit, en devenant de plus en plus douce, à se confondre avec lui. Ce qui distingue surtout le colonat romain du colonat du moyen âge, c'est que, sous les empereurs, le colon n'était soumis qu'à des redevances envers le maître, tandis que, sous les rois des Francs et des autres peuples germains, le colon, qui descendit au rang des non libres, fut, en outre, assujetti à des services corporels, connus plus tard sous le nom de corvées.
Source : Gallica

Polyptyque de l'abbé Irminon ou Dénombrement des manses… (1844)

Le colon de notre Polyptyque prend sa place entre l'homme libre et le serf. Il descend du colon romain, et nous avons besoin, pour connaître sa condition au commencement du IXe siècle, de remonter au colonat de l'empire, tel qu'il fut réglé par la législation romaine.
D'après les codes de Théodose et de Justinien, le colon est l'homme qui, inséparablement attaché à la culture d'un fonds étranger, en fait les fruits siens, moyennant une redevance fixe qu'il paye au propriétaire 1. Vivre et mourir sur le sol où il est né, c'est là son destin, comme celui de la plante
Source : Gallica

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