“ Le mobilier était banal ; un divan et des fauteuils en bois laqué et en velours bouton d’or, des bibelots insignifiants ; au mur quelques photographies : Mme Vouvray, en costume de soirée, en amazone, en robe de ville, et des portraits d’hommes — quelconques — ses amis, sans doute, ses amants — peut-être... M. de Santillon, qui était fort bavard, m’avait raconté mille histoires sur chacun de ses voisins et de ses voisines ; mais il avait omis, volontairement, dans ses conversations, la moindre allusion à Mme Vouvray. Il me vantait sa beauté et sa grâce ; rien de plus. ”
Vouvray
Définition et enjeux
Citations sur “Vouvray”
Auguste Chauvigné, Monographie de la commune de Vouvray et de son vignoble (1909)
“ Sauf pour la population enfantine où les décès sont relativement nombreux, nous notons avec empressement que presque tous les décès ont lieu parmi les personnes âgées, soit entre soixante et quatre-vingt-quinze ans. Cette constatation est tout un éloge pour une localité située comme Vouvray, pour la vigueur de la race, et pour un pays vignoble. ”
Auguste Chauvigné, Monographie de la commune de Vouvray et de son vignoble (1909)
“ Il suffit de jeter un regard d'ensemble pour voir, aux temps anciens, les blés, les céréales, les vins, les légumes, les fruits, les osiers, les briques de sa fabrique des Tuileries, passer sur les vastes radeaux des marchands fréquentant la Loire, suivre son cours vers Nantes et l'exportation, ou la remonter pour pénétrer vers Paris, le nord et l'est. D'autre part, si Vouvray ne fut jamais le siège de marchés importants, le pays se trouvait au centre d'un triangle formé par Château-renault, Amboise et Tours, où se tinrent, de longue date, des assises commerciales considérables. ”
Auguste Chauvigné, Monographie de la commune de Vouvray et de son vignoble (1909)
“ Les paroles qui précèdent cet ouvrage, et que Strabon a prononcées en pensant à la Gaule, sont également bien applicables à la Touraine, qui en est le centre, et à la commune de Vouvray, qui est située au coeur même du Jardin de la France, à quelques kilomètres de Tours, sur les bords de la Loire, l'un des plus beaux et des plus français de nos fleuves. Aucune région ne peut offrir un accord aussi parfait, une harmonie aussi grande dans la configuration de son sol pour favoriser son développement et créer, de tous temps, un si admirable réseau de voies de communication. ”
Honoré de Balzac,
Œuvres complètes de H. de Balzac…
“ L’inconvénient du vin de Vouvray, monsieur, est de ne pouvoir se servir ni comme vin ordinaire, ni comme vin d’entremets ; il est trop généreux, trop fort ; aussi vous le vend-on à Paris pour du vin de Madère en le teignant d’eau-de-vie. Notre vin est si liquoreux que beaucoup de marchands de Paris, quand notre récolte n’est pas assez bonne pour la Hollande et la Belgique, nous achètent nos vins ; ils les coupent avec les vins des environs de Paris, et en font alors des vins de Bordeaux. ”
Auguste Chauvigné, Monographie de la commune de Vouvray et de son vignoble (1909)
“ En 1793, Vouvray fut compris dans la district de Tours. Le souffle de la Révolution passa sur la commune sans y laisser des troubles très profonds. Les idées nouvelles changent la direction municipale ”
Auguste Chauvigné, Monographie de la commune de Vouvray et de son vignoble (1909)
“ Son frère Hardouin de Bueil, évêque d'Angers en 1399, fut également possesseur des Dîmes de Vouvray pour quelques années, après lesquelles il les donna au chapitre de son église. Enfin, le fief des Dîmes passa en 1783 à la prévôté d'Oé, dont les titulaires relevaient de la collégiale de Saint-Martin de Tours. Leur juridiction s'étendait sur nombre de paroisses environnantes, ils tenaient leurs assises en divers lieux et notamment à Vouvray pen tant une période qui alla du XIVe au XVIe siècle y compris 1. ”
Auguste Chauvigné, Monographie de la commune de Vouvray et de son vignoble (1909)
“ Approximativement, Vouvray devait compter au XIVe siècle moins de 130 feux, soit 600 habitants environ ; mais la fabrication des étoffes de soie, établie en 1470 par Louis XI en Touraine, provoqua rapidement une extension considérable de la population, au point qu'on peut estimer, pour Vouvray seulement, la population à près de 1.000 habitants. Cette augmentation est due à l'installation de nombreux ouvriers activant des métiers répartis dans toutes les paroisses environnant Tours, pendant le cours des XVIe et XVII 0 siècles 1. ”
Auguste Chauvigné, Monographie de la commune de Vouvray et de son vignoble (1909)
“ En ce qui nous concerne, nous pouvons déclarer que la culture, telle qu'on la pratique à Vouvray, n'a pas une homogénéité semblable à celle des autres régions. Elle présente, côte à côte, des résultats très dissemblables selon les moyens dont disposent les fermiers ou les exploitants. Si le propriétaire travaille lui-même avec un personnel surveillé de près, nul doute qu'il cultivera dans des conditions plus économiques qu'un faisant-valoir patronal et simplement administrateur. ”
Auguste Chauvigné, Monographie de la commune de Vouvray et de son vignoble (1909)
“ Nous voyons la collégiale de Saint-Martin de Tours, si universellement connue par le nom de son patron, le chapitre de Saint-Gatien, la cathédrale métropole, le monastère de Marmoutier, tout voisin, que l'histoire dénomma majus monasterium, étendre tour à tour sur Vouvray un liras puissant au cours somnolent des siècles du moyen âge, et le faire passer d'une domination à l'autre, ballotté par l'envieuse rivalité des abbés et des chapitres, donner le meilleur du travail de sa population pour grossir des revenus qui atteignaient des sommes considérables. ”
Stella Blandy,
Le procès de l'absent
(1880)
“ Quand M. de Vaulgis s'approcha de la propriété par le chemin haut qui tourne autour du coteau de Vouvray, il aperçut,d'une échappée sur la plaine, toutes les rondeurs de la pente ouatées de la parure verte et mordorée d'un vignoble luxuriant; mais une ceinture d'arbres courait autour de l'enclos et devenait au bas de la côte un vrai bois, coupé de clairières. Tout en haut, la Duchère s'élevait, entourée de parterres et de bosquets ”
De Balzac, Revue des Deux Mondes
“ Mais un peu au-delà du pont sur lequel la voiture était arrêtée, le voyageur aperçoit devant lui, et tout le long de la Loire jusqu’à Tours, une chaîne de rochers qui, par une fantaisie de la nature, paraît avoir été posée pour encaisser le fleuve. Cette longue barrière, dont la Loire semble vouloir ronger la base, présente un spectacle qui fait toujours l’étonnement du voyageur. En effet, le village de Vouvray se trouve comme niché dans les gorges et les éboulemens de ces rochers, qui commencent à décrire un coude à cet endroit ”
Auguste Chauvigné, Monographie de la commune de Vouvray et de son vignoble (1909)
“ Bétail. — Par sa situation même et par sa spécialité viticole, Vouvray ne fut jamais un pays d'élevage ; le manque de prairies et de pâturages fut une entrave constante contre laquelle le cultivateur ne réagit jamais. . Il doit donc s'accuser de n'avoir pas fait, dans ce sens, tout ce qu'il aurait pu faire; l'élevage a toujours été insuffisant, et les fermiers ont été obligés d'y suppléer par des importations du Maine et de l'Anjou, du Poitou et de la race parthenaise. La race ovine était tirée du Berry et de la Sologne, ou croisée des mérinos de la southdown. ”
Auguste Chauvigné, Monographie de la commune de Vouvray et de son vignoble (1909)
“ Bien que le plateau de Vouvray ne soit pas placé dans les conditions normales de la culture intensive, un meilleur rendement pourrait être obtenu par un usage plus raisonné des engrais, par la création de prés hauts très possible à entreprendre et devant amener le développement du cheptel vif. Cet état de choses ne peut avoir la crise pour conséquence, il est trop réduit dans ses éléments, mais il n'en est pas moins vrai que la situation purement agricole de Vouvray ne peut être présentée comme suffisamment productive. Les impôts. ”
Auguste Chauvigné, Monographie de la commune de Vouvray et de son vignoble (1909)
“ En ce qui concerne les céréales, la commune n'offre rien de spécial ni même d'important, les transactions se font comme partout et les denrées sont enlevées par des marchands de Tours ou des environs, mais toujours étrangers à la commune. Le commerce en gros des vins de Vouvray a été de tous temps, au contraire, très considérable ; au XVIIIe siècle, il atteignait de 4 à 500.000 livres ; aujourd'hui il varie dans son ensemble de 1.500.000 à 2.000.000 de francs. De grosses maisons ont réalisé des fortunes importantes au cours du XIXe siècle ”
Auguste Chauvigné, Monographie de la commune de Vouvray et de son vignoble (1909)
“ Industrie. — L'industrie d'une commune presque uniquement viticole ne peut être considérable ou avoir un caractère particulier, surtout quand on ne tire pas parti, comme dans le Midi par exemple, d'une série de sous-produits tels que le tartre, les marcs, les lies, la fabrication des foudres, des transports, etc. La futaille locale, le fût de Touraine de 250 litres relié tout entier en cercles de châtaignier, n'est pas exclusivement fabriqué à Vouvray ”
Regeste genevois, ou Répertoire chronologique et analytique des documents imprimés relatifs à… (1866)
“ VOUGNE, Vognia, paroisse du décanat de Ceysérieu, située dans le Valromey, à 1 lieue S.-O. de Culoz, rive droite du Séran. VOVREY ou Vouvray, Vuvriacum, hameau de la commune de Collonge-Archamp, au pied du mont Salève. — Biens à V. donnés au Chapitre [598 J. VUACHE, Vascius, Guachius, montagne s'étendant de l'E. à l'O. depuis Chaumont jusqu'au Rhône, en face du Pas de la Cluse [393, 1406] . — Pour le château dit du Vuache, voy. Vulbens. VUAGNARD (de) , nobles du Genevois et du Faucigny.— Guy V. chev. ”
Jules de Goncourt,
La Du Barry (Nouvelle édition, revue et augmentée de lettres et documents inédits…
(1880)
“ Elle décida M. Dumonceau, prêché d'un autre côté par un parent fort dévot, à faire entrer la petite Jeanne au couvent de Sainte-Aure (2) . (1) La Frédérique, connue aussi sous le nom de Souville, avait été d'abord assez maigrement entretenue par M. de Vouvray, maître des requêtes. A. M. de Vouvray avait succédé un M. de Boisgelin, appartenant au duc de Berri, qui faisait déloger la belle de la rue de la Truanderia, l'installait dans un joli appartement, rue de Richelieu, et lui fournissait largement tout ce dont elle avait besoin. ”
Julien Remy Pesche,
Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe
(1829)
“ Coëmon, hameau de la commune de Vouvray, est une sorte de faubourg de Château du-Loir, au-delà duquel un grand nombre d’habitans de cette ville ont des propriétés rurales. Une partie des fonds nécessaires pour la construction de ce pont, avait été faite sous Napoléon, mais ne se trouva plus disponible, lorsque vint le moment de l’exécution, et ceux qu’on y a employés ( environ ^.00 mille francs) , ont été fournis par des capitalistes qui reçoivent 6 pour % par an, du gouvernement, lequel perçoit lui-même le péage. ”
“ Et voilà pourquoi maintenant les gens de Bémont-en-Comté, quand on leur parle de la Vouivre, hochent la tête et clignent de l’œil d’un air entendu et un peu narquois en vous disant : — La Vouivre, il y a beau temps qu’on l’a tuée ! ”
Charles-Émilien Thuriet, Traditions populaires de la Haute-Saône et du Jura (1892)
“ LE MYTHE DE LA VOUIVRE E mythe de la Vouivre est d' une grande importance dans l' étude de nos Traditions populaires , parce qu' il est spécial à la Franche-Comté . Nous avons eu occasion de parler de la Vouivre de Vadans et de celle de Montrond ( voir les Traditions de l' arrondissement de Poligny ) . On peut revoir dans les Traditions de l' arrondissement de Lons - le - Saunier ce qui est dit de la Vouivre de l' Etoile , de Présilly , de Rothonay , de Condes , de Chisséria , etc. ”
Henry Bidou, Revue des Deux Mondes
“ A moins d’une lieue plus loin, après avoir longé le village de Vaux, il entre en Woëvre à 250 mètres seulement. — Entre ces deux systèmes de ravins, ceux qui se dirigent à l’Ouest vers la Meuse, et ceux qui se dirigent à l’Est vers la Woëvre, règne une arête qui les sépare, une ligne de partage qui, dans ce terrain compartimenté et découpé, forme seule un faîte non ébréché. On devine aisément que ce faite est la clé de toute la position. Il domine toute la région, et commande dans tous les sens toutes les têtes de ravins : c’est le plateau de Douaumont. ”
E. Herscher, Quelques images de la guerre..… (1917)
“ Je l'ai feuilleté d'abord, pour regarder les dessins, des croquis d'aquafortiste, comme cette église de Flirey, toute déchiquetée, dressée sur un noir monticule entouré d'explosions et de flammes; cette cabane du cuisinier qui fait songer à une cave rembranesque ; cette route de Woëvre où la charrette et les soldats passent sous l'averse cinglante ; cette féerie de la neige où glissent les' formes des soldats en marche dans la blancheur et le silence; cette étendue de champs, de ravins, couronnée de bois et de nuages ”
Auguste Maquet,
Paris sous Louis XIV : monuments et vues
(1883)
“ Le roi y consentit, les Chartreux se logèrent dans Vauvert, et, en effet, ils n'y furent pas plus tôt logés que les diables disparurent. Il n'en resta rien, qu'un dicton parisien : Allez au diable Vauvert, c'est-à-dire : allez vous faire rompre le cou. Ce château était situé, route de Paris à Issy, à l'entrée de la grande avenue qui conduit du Luxembourg à l'Observatoire, et la mauvaise renommée de Vauvert aurait, dit-on, fait donner le nom d'Enfer, à la rue habitée par les Chartreux. ”
Louis Gaudreau, Histoire de Vaugirard ancien et moderne (1842)
“ Dans la plaine de Grenelle nous fûmes rencontrés par des paysans à cheval, qui crièrent de loin, en nous menaçant de leurs armes : Arrête, ou la mort! L'un d'eux me prenant pour un garde du roi, me coucha en joue, et allait tirer sur moi, lorsqu'un autre proposa de nous conduire à la municipalité de Vaugirard. ”
E. Herscher, Quelques images de la guerre..… (1917)
“ Pour quelle destination? Le petit jeu des probabilités a repris de plus belle. Après Toul, nous remontons le cours de la Meuse. Habitués aux tristes paysages de la Woëvre, ces prés bien tondus, ces haies tirées au cordeau, les maisons proprettes et comme vernies, tout semble un peu artificiel, sorti d'une boîte de jouets. La Meuse, si menue, coule sur un tapis de fleurettes, en ruisseau de bergerie. Domremy montre, au-dessus d'arbres trop verls, sa basilique en pièces de carton découpé. ”
Louis Gaudreau, Histoire de Vaugirard ancien et moderne (1842)
“ J'ai dépeint Vaugirard tel qu'il est à la fin de cette année 1842; probablement il sera bien différent avant un quart de siècle. Sans compter les mutations, les progrès que le temps amène, qui peut prévoir les conséquences des fortifications qui vont l'entourer? Heureusement, la ligne des travaux respecte partout le territoire de la commune; nulle part elle n'en rétrécit les limites ; même elle laisse en dedans, soit dans la plaine, soit vers la Seine, des petites portions du sol d'Issy, qui plus tard, et par la force des circonstances, s'uniront à Vaugirard. ”
Prosper Falgairolle, Histoire civile, religieuse et hospitalière de la ville de Vauvert… (1918)
“ Pendant son séjour à Bernis et à Bouillargues, il reçut des présents de chasse que lui envoyèrent les consuls de Vauvert. Durant tous ces mouvements, qui remplissaient le voisinage de gens de guerre, le sieur de Vestric fortifiait le château de Vauvert. De son côté, le marquis de Portes, par une ordonnance datée du 23 juillet (3) , enjoignait aux lieux de Vauvert, Générac, Beauvoisin, Le Cailar, Saint-Laurent et Boissières, (1) Récit véritable de cé qui s'est passé au dégast ès environs de Nismes, Uzès, etc., par Mgr le duc de Montmorency. Paris, J. Barbote, 1628, p. 8-13. ”
Fernand Engerand,
La Bataille de la frontière (août 1914…
(1920)
“ La Woëvre est un vaste quadrilatère, limité à l'est par l'ancienne frontière franco-allemande de 1 871, fermé au sud par la ligne de la Moselle de Toul à Pompey, au nord par la frontière belge et luxembourgeoise de Longwy à Stenay, et, à l'ouest par une falaise haute de 80 à 100 mètres et d'une largeur variable de 8 à 15 kilomètres, les Hauts-de-Meuse, cinquième crête du bassin géologique parisien, et dont les pentes tombent à pic, d'une part sur la plaine de Woëvre, et d'autre sur la vallée de la Meuse. ”
Prosper Falgairolle, Histoire civile, religieuse et hospitalière de la ville de Vauvert… (1918)
“ En essayant de décrire les transformations successives des institutions municipales de la ville de Vau-vert, il nous est impossible d'en fixer l'origine, les documents nous faisant défaut sur ce point. Nous savons seulement que, dans les premières années du XIIIe siècle, les habitants étaient organisés en corps de communauté. La charte de 1235 est là pour nous le prouver. Dans cet instrument, les habitants sont représentés par Raymond d'Anglas, Bertrand de Posquières, Jean Garnier et Pierre Adhémar, syndics des écuyers et des hommes de Posquières. ”
E. Herscher, Quelques images de la guerre..… (1917)
“ Évadées des tranchées, de lentes fusées escaladaient le ciel, y rampaient en chenilles lumineuses; plus haut encore, des avions aux prises mêlaient les jacassements furieux des mitrailleuses. Tout ce que l'œil pouvait embrasser de la terre et de l'espace flambait. La rive droite étageait des zones de lumières où Vaux et Douaumont, pareils aux grands sommets dans l'orage, attirant la foudre, s'auréolaient d'aigrettes de feu. Avec l'horizon de la Woëvre commençait la zone d'ombre, coupée çà et là de taches de lumière mouvante, comme si le sol y avait été frotté de phosphore. ”
