Louis Pergaud

Louis Pergaud

Résumé

Portrait de Louis Pergaud Louis Pergaud Les Rustiques

Mais Mimile n’écoutait plus les paroles de sa mère :
— Ils viennent ! Mon Dieu ! Ils viennent, cria-t-il d’une voix angoissée. Elle a dit... ! Il a dit... !
Et les mots s’étranglèrent dans sa gorge.
— Qu’est-ce qu’ils ont dit, mon petit ! Rien. Dors, dors !
— Si, si, répliqua farouchement le gamin. Les gendarmes ! les juges rouges ! Biribi, le boulet, la guillotine. Mon Dieu, c’est pas vrai : j’ai rien fait !
— Mais non, mon petit, mais non, tu n’as rien fait. Dors tranquille, calme-toi, voyons !
Cependant la rumeur des pas s’était tue, mais on entendait des bruits de voix.
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Kinkin, vers la quarantaine, était un gaillard de taille moyenne qui dissimulait sous des dehors chétifs et une allure pataude une force herculéenne et une agilité de singe. Il n’épatait plus ses compatriotes en démarrant à lui seul une voiture chargée qu’un bon carcan avait dû laisser en panne, et d’aucuns l’avaient vu, certain jour, les cognes à ses trousses, son fusil d’une main et un lièvre de l’autre, franchissant les clôtures de ronces artificielles et les murs de pâtures aussi allègrement que s’ils n’eussent eu que vingt-cinq centimètres au lieu de quatre bons pieds de haut.
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Le grand Lebrac l’avait commencée lui-même en nivelant la neige avec ses sabots sans clous et tout plats, et les autres l’imitant, ils avaient peu à peu frayé un sillage de neige d’abord, de glace ensuite, qui avait bien cinquante mètres de long. Cette glace fondait un tantinet à midi mais regelait le soir, et, chaque matin, on commençait par la repolir avec amour. Qu’elle était belle ! Lisse comme un miroir et plus glissante cent fois que les parquets de la cure où l’on piquait des têtes quand on n’enlevait pas ses sabots.
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