Résumé

Portrait de Henri Bouchot Henri Bouchot Contes francs-comtois... édition unique (1887)

La Zénaïde, sa fille, allait sur ses vingt-deux ans; c'était une petite blonde avec des joues roses, et puis des yeux en couleur de vieux saladier de campagne. Elle suivait la maman dans tous les endroits, parce que le papa lui faisait peur. Levée avant le patron-minette elle enfilait vitement sa caule d'indienne, son casavec et son jupon court, mettait ses grandes chausses de coton et des sabots, et au grand galop elle courait aux champs faire la besogne, passer au fessou les pommes de terre, sarcler les haricots et les pois.
Source : Gallica

Portrait de Henri Bouchot Henri Bouchot Contes francs-comtois... édition unique (1887)

Gare ! que cria le relieur de seilles — vous savez le bossu de la rue de Glères, pas l'autre — gare ! et avec seulement sa culotte il saute depuis le bord dedans en nageant de sa bonne jambe et des bras. Ils sont perdus tous deux ! que cria l'éclusier en rejetant ses cordes.
Alors voilà qu'on ne voit plus le bossu, mais au dessus de l'eau ça faisait comme quand il y a de gros poissons au fond. On se pensait déjà que le pauvre diable n'avait pas duré trop longtemps, on courait quérir une grande échelle, des hommes se pendaient à une corde les gens disaient quel malheur !
Source : Gallica

Portrait de Henri Bouchot Henri Bouchot Contes francs-comtois... édition unique (1887)

Je grelottais dans la neige et la boue tandis que mon capitaine, un beau monsieur de Besançon, décoré depuis, mangeait la soupe à l'auberge. Il ne faisait pas gras dehors pour parler comme chez nous, et Saute-à-trois pensait cela avec moi, tout en croquant des écorces d'arbre, et en tournant de temps à autre vers moi ses deux gros yeux rouges de fièvre.
Je m'approchai de lui, pour lui faire un brin de causette ; les gens pas heureux ont besoin de s'épancher; Saute-à-trois n'était pas heureux.
Source : Gallica

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