E. Herscher

Élements biographiques

E. Herscher,  Quelques images de la guerre..… (1917)

“ Enfin voici, dans la nuit, la masse plus noire du village désigné.
Une ombre s'avance qui saisit la bride de mon cheval, m'aide à descendre, prévient une chute du haut de l'étrier, me pousse vers un mur gris où bée une porte; je m'y enfourne en vacillant. Le long couloir évoque en mon abrutissement une coupe en ligne droite dans la forêt ; mais au bout c'est l'éblouissement d'une lampe électrique trop vive à mes yeux faits aux ténèbres.
La chambre est tiède, grande et luisante.
Une glace m'y révèle boueux, sinistre, faisant tache pénible dans ce décor inattendu de propreté et de bien-être.
”
Source : Gallica

E. Herscher,  Quelques images de la guerre..… (1917)

“ Le caporal fait le geste impérieux de cesser le feu : - Vous n'êtes pas maboules ! Voyez pas que c'est un capiston?
— Bah ! il est loin, y n'a pas cru que c'était pour lui.
— Non, au contraire. et puis en route, les gars !
La nuit n'est pas loin; courbés sur des bâtons, la bande des porte-sacs reprend la route.
Je regagne mon bivouac. Du haut du « sous-marin » j'embrasse l'immense champ de neige qui n'est plus qu'un linceul où s'étend le jour pour y mourir.
”
Source : Gallica

E. Herscher,  Quelques images de la guerre..… (1917)

“ C'est un effet plaisant d'arriver, éveillé depuis si longtemps, dans un village qui dort encore, à qui le brouillard de la rivière met comme un bonnet de nuit sur ses yeux clos.
Nos regards scrutent de suite le visage des maisons. Est-ce le bon accueil? On suppute le nombre des écuries, la propreté des chambres.
Nous sommes allés droit à la mairie. Elle dort; elle a même le sommeil dur, car les fers claquant sur le pavé, le bruit des voix et les coups frappés à la porte, ne lui font pas ouvrir les yeux. Seulement un volet de la maison d'en face s'entr'ouvre.
”
Source : Gallica

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