Résumé

Paul Montarlot Journal de l'invasion : Châteaudun… (1871)

En proie à mille sentiments contraires, la population s'agite confusément dans un demi-jour plus sinistre que la nuit elle-même. C'est pour demain, se dit chacun, et l'on compte avec angoisse les heures de liberté qui restent.
Quelques vieillards évoquent tristement le souvenir de Blücher qu'ils ont vu parader sur cette même place avec ses lanciers et ses canons. A minuit, cependant, l'agitation se calme et d'autres bruits se colportent : on prétend qu'il n'y a point de Prussiens à Tournoisis et qu'aucun corps ne
se dirige sur Châteaudun.
Source : Gallica

Paul Montarlot Journal de l'invasion : Châteaudun… (1871)

Des voitures, des bois de charpente, des tonneaux, quelques pavés
sont rapidement amoncelés aux principales issues. La rue de Chartres seule reste libre : c'est l'entrée de la souricière. Une fois sur la Place, les uhlans, jusque-là sans défiance, essuieront le feu des gardes nationaux repliés derrière une file de voitures, et iront dans leur fuite se heurter, comme des chauves-souris, à toutes les barricades. Le plan n'est pas mal imaginé, mais en vue seulement d'une hypothèse que rien ne justifie, celle où une centaine de cavaliers se présenteraient aux portes de la ville.
Source : Gallica

Paul Montarlot Journal de l'invasion : Châteaudun… (1871)

Les Prussiens se ruent avec furie contre sa porte qui
cède sous leurs coups, mettent la maison au pillage et ne se retirent qu'après l'avoir incendiée sous les yeux, pour ainsi dire, du propriétaire qui, blotti dans l'encoignure d'un toit, ne perd pas un de leurs cris de rage.
A l'hospice, la nuit se passe dans de terribles anxiétés. Des femmes épouvantées, des gardes nationaux blessés, des francs-tireurs poursuivis ou attardés viennent chercher un refuge qui, malgré l'encombrement des salles, ne leur est jamais refusé. De la terrasse, le spectacle est d'une saisissante horreur.
Source : Gallica

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