“ On se souciait trop peu parmi nous, et cela depuis longtemps, des devoirs envers la patrie. La France ne semblait plus qu’un pays charmant où il faisait bon vivre, et l’on se croyait quitte envers elle quand on avait payé les impôts qui, à leur tour, payaient l’armée. Maintenant, nous avons reçu les leçons de la souffrance. Nous sommes à l’heure des résolutions viriles, du travail patient. Dès aujourd’hui, tout enfant, en France, doit avoir devant les yeux, dans son esprit, au fond de son cœur, la pensée qu’il n’appartient plus à son bon plaisir, mais à un devoir formel et sacré. ”
Lucie Boissonnas
Élements biographiques
Lucie Boissonnas (1839-1877), écrivaine française issue d'une famille aristocratique, marqua la littérature du XIXe siècle par ses œuvres engagées. À travers Une famille pendant la guerre (1873) et Un Vaincu (1875), elle aborde les thèmes de la patrie, du sacrifice et de la résistance face à la guerre, combinant récit épistolaire et biographie.
Son œuvre, façonnée par son vécu et ses relations avec le général Robert E. Lee, révèle une conscience morale aiguë, tandis que sa carrière brève, éclipsée par la tuberculose, en fait une figure tragique de la littérature française.
Citations de Lucie Boissonnas
Lucie Boissonnas, Une famille pendant la guerre
“ Voilà qu’au contraire c’est l’heure du dévouement vrai et du réel sacrifice, l’heure de lutter pour l’honneur et non plus pour le succès, l’heure de souffrir pour le seul devoir. Ô mon pays ! je ne veux pas douter de toi ! c’est un grand naufrage que le nôtre et nul ne sait quelles épaves chacun pourra recueillir quand le calme se sera fait. Nul ne sait ce qui restera de Paris ou de la France le jour où, le dernier morceau de pain mangé, on subira l’ennemi. Mais si le succès ne dépend d’aucun homme, il est une portion de l’honneur du pays à la garde de chacun : que chacun lui soit fidèle ! ”
Lucie Boissonnas, Une famille pendant la guerre
“ C’est qu’il nous arrive un grand malheur, Marguerite : les Prussiens ont pris toute notre armée ; il n’y aura plus maintenant assez de soldats pour nous défendre ! — Est-ce qu’ils ont tué Maurice et André, les Prussiens ? fit Marguerite. — Non, mon trésor. Grâce à Dieu, tes frères sont encore en sûreté ; mais ils ne le seront plus bien longtemps, vois-tu ; tout le monde va se battre. Ce n’est plus la guerre pour faire le mal maintenant, c’est la guerre pour empêcher le mal, c’est la guerre pour nous défendre... ”
