“ Et, dans une rage imbécile, au milieu de ricanements de fous qui s’amusent, les fusils volaient, le long de la queue sans fin des traînards, épars au loin dans la campagne. Loubet, avant de se débarrasser du sien, lui fit exécuter un beau moulinet, comme à une canne de tambour-major. Lapoulle, en voyant tous les camarades jeter le leur, dut croire que cela rentrait dans la manœuvre ; et il imita le geste. Mais Pache, dans la confuse conscience du devoir, qu’il devait à son éducation religieuse, refusa d’en faire autant, couvert d’injures par Chouteau, qui le traitait d’enfant de curé. ”
Émile Loubet
Définition et enjeux
Émile Loubet, homme d'État français et président de la République de 1899 à 1906, incarne une figure centrale de la Troisième République. Son mandat, marqué par la fin de l'affaire Dreyfus et la loi de séparation des Églises et de l'État, révèle une période de tensions et de mutations politiques.
Les auteurs comme Émile Zola, dans La Débâcle, ou Charles Maurras, dans Kiel et Tanger, explorent ses contradictions : entre image de modération et enjeux de domination. Albert Lebrun souligne son rejet de la mémoire politique, tandis que Pierre de Coubertin insiste sur son rôle diplomatique. Loubet, symbole d'un équilibre fragile entre républicanisme et conservatismes, reste une clé pour comprendre la République française à l'aube du XXe siècle.
Citations sur “Émile Loubet”
Charles Maurras,
Kiel et Tanger
(1910)
“ Vanité de M. Delcassé. Vanité de M. Loubet. Son prédécesseur Félix Faure, aimant trancher du gentilhomme, avait pris des allures de haute vie auxquelles M. Émile Loubet put se sentir, dès son début, remarquablement inégal. Le nouveau président ne s’en disait pas moins tout bas que, au fond, de Faure ou de lui, le vrai patricien, ce n’était pas Félix Faure. N’ayant jamais été ouvrier tanneur en peinture ni en figure, mais bien docteur en droit, fils, petit-fils de propriétaires campagnards, il se rendait l’exacte justice de se trouver socialement le plus haut placé. ”
Albert Lebrun,
Témoignage
(1945)
“ Ni Émile Loubet, ni Armand Fallières n'ont laissé de Mémoires. Je me suis parfois entretenu de cette question avec eux en un temps où je ne pensais guère être un jour leur successeur. Ils étaient très fermes sur ce point. Hommes modestes, citoyens éminents, fervents démocrates, il leur paraissait inutile d'ajouter quoi que ce fût aux actes qui avaient conditionné leur existence politique. Le sens à y attacher s'était manifesté jour par jour au cours de leur longue vie publique. ”
