Résumé

Antonie Jauffret La Baume Roland : légende provençale (1882)

La vie nous a été dure ici- bas ; là-haut, peut-être, l'azur se fera plus bleu pour abriter notre amour. Du courage, de la résignation! Vois-tu, mon Emery, nous ne devions pas être heureux. On nous aurait sans doute découverts, arrachés l'un à l'autre. La mort nous réunira dans l'éternel bonheur. Encore quelques instants de patience et nous n'aurons plus rien à craindre désormais.
Le cœur d'Emcry se brisait ; sa rage fondit dans des sanglots.
— Oh! ne parle pas ainsi, ma pauvre Cassiette. Ces heures qui nous ont paru si longues ont fini cependant. Gaspard viendra bientôt.
Source : Gallica

Antonie Jauffret La Baume Roland : légende provençale (1882)

Emery, rayonnant déjà, battit fortement le silex avec le briquet ; un éclair brilla tout-à-coup dans la nuit et montra aux fugitifs une galerie assez spacieuse qui s'ouvrait devant eux. Mais l'obscurité les envahit de nouveau et le pauvre garçon jeta un cri dont rien ne pouvait rendre l'expression déchirante. Dans son enthousiasme il s'était trop hâté et venait de laisser choir le briquet sauveur.
Les grandes infortunes n'ont souvent ni larmes ni plaintes; l'exclamation désolée d'Emery avait douloureusement retenti dans l'âme de Cassiette.
Source : Gallica

Antonie Jauffret La Baume Roland : légende provençale (1882)

Vois-tu, ami, l'histoire de nos malheurs pourra être utile à d'autres : les enfants y trouveront qu'il y a quelques fois nécessité à obéir, si dure que puisse paraître l'obéissance ; les pères comprendront peut-être que leur volonté inexorable doit fléchir devant les larmes de ceux qu'ils chérissent!
Cassiette s'arrêta tout-à-coup ; sa voix s'était brisée dans un hoquet douloureux.
— Qu'as-tu? Ah! Qu'as-tu? interrogea Emery qui comprenait, hélas! et qui pourtant ne voulait pas comprendre.
— Ah ! je suis bien lasse, répliqua Cassiette avec effort ; je ne puis plus marcher.
Source : Gallica

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