Anatole France

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Résumé

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Et lorsque tu m’as dit, Zoé : « Ce sera ton cabinet de travail », je me suis vu dans l’avenir, et c’est un spectacle insupportable. Je crois avoir quelque courage dans la vie ; mais je réfléchis, et la réflexion nuit beaucoup à l’intrépidité.
— Ce qui était difficile, dit Zoé, c’était de trouver trois chambres à coucher.
— Assurément, répondit M. Bergeret, l’humanité dans sa jeunesse ne concevait pas comme nous l’avenir et le passé. Or ces idées qui nous dévorent n’ont point de réalité en dehors de nous. Nous ne savons rien de la vie ; son développement dans le temps est une pure illusion.
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Je vais maintenant vous dire des choses extrêmement simples, répondit M. Bergeret. Si l’armée est atteinte dans la personne de quelques-uns de ses chefs, ce n’est point la faute de ceux qui ont demandé la justice ; c’est la faute de ceux qui l’ont si longtemps refusée ; ce n’est pas la faute de ceux qui ont exigé la lumière, c’est la faute de ceux qui l’ont dérobée obstinément avec une imbécillité démesurée et une scélératesse atroce. Et enfin, puisqu’il y a eu des crimes, le mal n’est point qu’ils soient connus, le mal est qu’ils aient été commis.
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Notre orgueil fut son père ; notre iniquité, sa mère. Il est le fruit mauvais de nos vices. Tout homme en société doit donner et recevoir. Celui-ci n’a pas assez donné sans doute parce qu’il n’a pas assez reçu.
— C’est peut-être un paresseux, dit Pauline. Comment ferons-nous, mon Dieu, pour qu’il n’y ait plus de pauvres, plus de faibles ni de paresseux ? Est-ce que tu ne crois pas que les hommes sont bons naturellement et que c’est la société qui les rend méchants ?
— Non. Je ne crois pas que les hommes soient bons naturellement, répondit M. Bergeret.
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