“ Ce ne sont jamais eux qui soulèvent les tumultes. Ils ne demandent, ils ne recherchent que le silence. Ils ne demandent qu’à se faire oublier. Sauf quelques écervelés, ils ne recherchent que l’ombre et le silence. En fait et dans le détail même c’est ne pas connaître un mot de l’affaire Dreyfus et du dreyfusisme et notamment de la manière dont elle a commencé que de croire, que de s’imaginer qu’elle est comme une invention, une fabrication, une forgerie du parti juif, de la politique juive, que le parti juif, la politique juive ait vu de bon cœur poindre le commencement de cette affaire. ”
Charles Péguy
Résumé
Publié en 1910 dans les Cahiers de la Quinzaine, Notre jeunesse de Charles Péguy est un essai qui examine la décadence politique de la France après l’Affaire Dreyfus, dénonçant la trahison de l'idéal républicain par les hommes politiques. Péguy oppose la « mystique républicaine » aux considérations politiques, défendant le dreyfusisme comme un mouvement chrétien ancré dans la tradition française.
Il critique notamment Jaurès et Hervé, affirmant que la légitimité d’un régime repose sur la foi et le sacrifice partagé. L’œuvre, en réaction à des débats contemporains, souligne l’écart entre les valeurs de la jeunesse républicaine et le monde moderne.
Citations de Notre jeunesse (Charles Péguy)
“ La seule force de la République, c’est que la République est plus ou moins aimée. La seule force, la seule valeur, la seule dignité de tout, c’est d’être aimé. Que tant d’hommes aient tant vécu et tant souffert pour la République, qu’ils aient tant cru en elle, qu’ils soient tant morts pour elle, que pour elle ils aient supporté tant d’épreuves, souvent extrêmes, voilà ce qui compte, voilà ce qui m’intéresse, voilà ce qui existe. Voilà ce qui fonde, voilà ce qui fait la légitimité d’un régime. ”
“ Ils croient, quand ils sont sincères, il y en a, ils croient que le christianisme fut toujours moderne, c’est-à-dire, exactement, qu’il fut toujours comme ils voient qu’il est dans le monde moderne, où il n’y a plus de chrétienté, au sens où il y en avait une. Ainsi dans le monde moderne tout est moderne, quoi qu’on en ait, et c’est sans doute le plus beau coup du modernisme et du monde moderne que d’avoir en beaucoup de sens, presque en tous les sens, rendu moderne le christianisme même, l’Église et ce qu’il y avait encore de chrétienté. ”
