Duc de Broglie

Élements biographiques

Duc de Broglie,  Revue des Deux Mondes

“ Tout alla bien ou, du moins, tout pouvait passer tant que cette supériorité était incontestable et s’affirmait à la fois sur les champs de bataille par la victoire et dans les lettres par le génie. L’Allemagne subissait en maugréant, mais sans murmurer, non-seulement le joug matériel, mais l’ascendant moral, et semblait même donner raison aux mauvais plaisans qui la raillaient en s’efforçant de les imiter. Ces petits princes, dont on riait à la cour de France, rentraient chez eux tout éblouis d’avoir adoré le soleil et ne songeaient qu’à jouer les Louis XIV au petit pied. ”
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Duc de Broglie,  Revue des Deux Mondes

“ Ni le moyen âge, ni l’ancien régime qu’on a tant accusés de ne pas tenir assez de compte de la dignité des peuples, n’avaient imaginé rien de semblable. Tant que ce spectacle dure, une tache est imprimée au front de la société moderne, comme un memento homo qui lui rappelle que les progrès dont elle se Halte n’ont épuré que sa surface et avertit la démocratie, si vaine de sa puissance, qu’elle n’est qu’une poussière d’hommes, jouet, comme toute chose humaine, de tous les vents de la force ou de la fortune. ”
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Duc de Broglie,  Revue des Deux Mondes

“ On sourirait, à la vérité, de nos jours d’une politique qui compterait sur la Suède pour tenir la Russie en échec. Mais les peuples, on le sait, vivent de souvenirs et d’imagination presque autant que de réalités : l’impression laissée par le génie de Gustave et un instant réveillée par la témérité de Charles XII n’était pas encore effacée. Eclairée de ce reflet de gloire, la Suède faisait à toute l’Europe une illusion qu’elle partageait elle-même, tandis que la Russie ne possédait pas encore tout le secret de sa propre puissance. ”
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