Résumé

Duc de Broglie L’Église et la France moderne

Conservons pour notre usage personnel ce contentement de nous-mêmes, si bon nous semble, malgré plus d’un mécompte qu’il nous a valu ; mais n’espérons jamais que l’Église puisse s’y associer. Depuis tantôt deux mille ans qu’elle s’est frayé sa voie dans le monde, elle a vu passer trop de sociétés différentes, qui elles-mêmes ont subi trop de révolutions et de vicissitudes, pour qu’elle ait jamais consenti à s’assimiler à aucune. Elle a trop vécu et trop survécu, pour reconnaître à personne le droit de lui apprendre à vivre.
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Duc de Broglie L’Église et la France moderne

On dit de plus qu’en exigeant que les catholiques, pour être admis à prendre part à la défense religieuse, renoncent à leur fidélité monarchique, on veut éviter de mêler la politique à la religion. L’erreur ou plutôt l’abus de mot est manifeste : car la triste expérience d’une élection récente fait voir que le mélange de politique et de religion s’opère plus sûrement par la voie de l’exclusion que par toute autre, et c’est compromettre absolument une séparation si désirable que d’interdire, tout aussi bien que d’imposer, au nom de la religion, un ordre d’opinions politiques.
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Duc de Broglie L’Église et la France moderne

La promesse de la liberté d’enseignement faite par la charte ne distinguait pas entre les Français qui seraient appelés à en profiter. C’était à leur titre de Français et à nul autre que les catholiques pouvaient s’en prévaloir. Il leur fallait donc écarter toute idée de tendre, même par une voie indirecte, à restituer à leur Eglise le privilège de l’autorité enseignante : il fallait se défendre de tout espoir de lui transporter le monopole qu’on voulait enlever à l’État. C’est à cette condition-là seulement qu’ils pouvaient élever la voix et se faire écouter.
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