Eugène-Melchior de Vogüé

Eugène-Melchior de Vogüé

Résumé

Portrait de Eugène-Melchior de Vogüé Eugène-Melchior de Vogüé À propos d’un débat religieux

Il n’y a ni raison ni dignité à porter d’aussi mauvaise grâce un fardeau qu’on juge inutile.
Dans ces conditions, le Concordat apparaît comme un lien gênant qui n’a plus d’avantages compensateurs ; l’idée de la séparation fait rapidement son chemin. Réclamée d’abord par les adversaires de l’Eglise, elle n’a pas tardé à séduire ce qu’il y a de plus vivant et de plus ferme dans le monde religieux ; les plus ardens à l’embrasser sont aujourd’hui ces jeunes prêtres qui mangent avec amertume le pain qu’on leur jette avec mépris.
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Portrait de Eugène-Melchior de Vogüé Eugène-Melchior de Vogüé À propos d’un débat religieux

Que veut-elle, l’immense majorité de ce pays, en matière de politique religieuse ? Très peu de chose : la paix des habitudes. On croit le jeu inoffensif parce que, de l’aveu commun, on ne tourmente plus chez le grand nombre une foi, mais simplement une habitude. Une habitude qu’on dérange devient souvent aussi féroce qu’une passion. Dès que l’on sort des cercles politiques et des rédactions de gazettes, dès que l’on interroge la nation au foyer du villageois, à l’atelier, dans le salon de la maison bourgeoise, le sentiment du pays ne laisse aucun doute.
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Si, comme je le soupçonne, les plus bruyans avocats de la séparation n’ont aucune envie de se la voir accorder, ils pourraient bien être pris à leur jeu, le jour où la goutte d’eau ferait déborder le vase, où les catholiques décideraient de préférer la liberté à la sécurité relative, l’honneur au pain amer de l’État. La séparation ne se fera point par la volonté des hommes, elle se fera par la force des choses.
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