Résumé

F. Huet Revue des Deux Mondes

Nous nous confions au génie de la France : elle ne laissera point l’œuvre inachevée ; elle continuera de se montrer la fille aînée de l’église et la fille aînée de la civilisation. Ne semble-t-elle pas prédestinée, par son histoire entière, à réconcilier enfin ces deux grandes forces, la foi et la liberté, qui s’unissent dans la logique des idées et des faits et ne s’excluent que dans les faux systèmes des hommes ? Alors s’arrêtera la dissolution sociale, l’humanité sera soulagée du poids mortel de son angoisse.
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F. Huet Revue des Deux Mondes

Une seule chose manqua au gallicanisme civil, tel que nos ancêtres le pratiquèrent, pour offrir dans tous les siècles la règle parfaite des rapports de l’église et de l’état. La négation du droit théocratique renferme logiquement l’abolition de toute religion d’état, et par suite la liberté et l’égalité des cultes devant la loi. Ces conséquences ne furent point aperçues. L’intolérance était alors partout, dans les faits et dans les opinions ; la réforme elle-même en garda le principe : on persécuta, on brûla à Genève comme à Rome.
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F. Huet Revue des Deux Mondes

Sans diminuer les droits du saint-siège, sans manquer au respect et à l’obéissance légitime dus aux successeurs de saint Pierre, ces grands hommes, l’honneur de la France et du catholicisme, surent énergiquement combattre les doctrines ultramontaines, les abus et les empiétemens de la cour de Rome. Dans les périls où ils voyaient la religion engagée par ces abus, ils crurent que la vraie marque de respect, c’était de pousser le cri d’alarme. Des périls plus grands peut-être autorisent la même liberté ; les lois constitutionnelles de l’église l’assurent d’ailleurs à tous ses membres.
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