Résumé

Portrait de Ernest Renan Ernest Renan Revue des Deux Mondes T.1, 1874

La France n’est plus ce qu’elle était avant 1789 ; la papauté est bien moins encore ce qu’elle était du temps de Benoît XIV et de Clément XIV. Éternelle aberration d’un parti auquel on ne dénie ni la bonne foi ni le patriotisme ! Ne pouvant réaliser son utopie d’une France revenant à l’ancien régime, au catholicisme, à la royauté légitime, la droite de l’opinion française s’imagine que la politique d’un pays peut être dans la pratique et le détail le contraire de ce que comporte le titre officiel. Une république moins libérale que la royauté, voilà son rêve.
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Portrait de Ernest Renan Ernest Renan Revue des Deux Mondes T.1, 1874

Parce que la liberté est un but et non pas un moyen, parce que sacrifier la liberté à une visée politique autre que la liberté elle-même, c’est tomber dans le cercle vicieux si bien exprimé par un poète, propter vitam vivendi perdere causas ; même l’évidence absolue ne doit pas être rendue obligatoire, car ce que l’un appelle évidence, l’autre ne l’appelle pas de ce nom. En pareille matière, il n’y a ni juge, ni criterium. Un homme n’a dans aucun cas le droit d’imposer son opinion spéculative à un autre homme.
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Portrait de Ernest Renan Ernest Renan Revue des Deux Mondes T.1, 1874

Dès qu’on admet que la source des grâces divines est entre les mains d’un pontife suprême d’où elle s’épand sur l’église entière, celui qui n’est plus en communication par les canaux hiérarchiques avec ce centre de tout bien meurt de sécheresse. À vrai dire, les libéraux allemands sont gens trop savans pour ne pas comprendre cela ; mais ils ont compté sur l’entraînement du patriotisme et de la gloire. Ils voient que le catholicisme a été, depuis le XIe siècle, la ruine de la patrie allemande, la cause presque unique qui a empêché leur pays de réaliser la destinée qu’ils rêvent pour lui.
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