Résumé

Portrait de Anatole Leroy-Beaulieu Anatole Leroy-Beaulieu Les Catholiques libéraux et l’Église de France de 1830 à nos jours

L’EMPIRE, LE SYLLABUS, L’INFAILLIBILITÉ. Quand, avec l’assentiment public du clergé et des catholiques, Montalembert revendiquait à la tribune la liberté de l’église au nom des libertés modernes, ses collègues et ses adversaires ne se faisaient pas faute de l’accuser d’être dupe de son inexpérience. Des hommes plus mûrs ou plus prévoyans pouvaient, lui répondait-on, sans cesser d’être libéraux, se croire tenus de refuser ou de marchander une liberté qui, une fois acquise et complète, serait déniée comme un péril ou comme un crime à tous ceux qui n’acceptent pas le joug de l’orthodoxie.
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Il n’y a plus, pour en douter, que les esprits extrêmes des deux bords opposés, que des illuminés, presque également aveugles, abusés les uns par leurs regrets, les autres par leurs craintes, qui, dans l’opposition même de leurs vœux, font simultanément à la société moderne, à la société laïque, l’injure de n’avoir pas confiance dans la solidité de ses conquêtes. Si la liberté, dont le règne est si facile à proclamer et si laborieux à établir, si les libertés publiques courent un danger, ce qui les menace, ce n’est assurément ni la théocratie ni la monarchie de droit divin.
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Loin de toujours condamner le suffrage universel, le pape se bornait à rappeler que le nombre ne fait pas le droit ; que, pour savoir où est la vérité, il ne suffit pas de compter les voix, que la multitude elle-même n’a pas le droit de tout faire, en d’autres termes, que la force n’est pas le droit. Ainsi entendu, le Syllabus se trouvait converti en défenseur du sens commun, de l’éternelle morale et de la liberté elle-même contre les sophismes des courtisans de l’absolutisme populaire et les violences de la force brutale.
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