Résumé

Portrait de G. Valbert G. Valbert Une Grande question dans un petit pays

On a dit que pour incompatibles que soient les humeurs, quelque sérieux que soient les griefs, s’il n’y avait pas d’amant, il n’y aurait jamais de divorce. A Genève, en ce cas-ci, il n’y avait pas d’amant ; le divorce, si on l’eût prononcé, n’aurait été qu’un acte de froide raison, de simple justice, et la justice, comme l’écrivait Rousseau, est un bien qui n’inspire point d’enthousiasme. Quand il n’y a pas d’amant, on a peine à franchir le pas, et à l’instant de rompre, on se ravise.
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Au moment décisif, l’idée de porter le coup mortel à leur église nationale a fait frémir tous les Genevois qui mettent un peu de leur cœur dans la politique, et pour qui les sentimens ont plus de prix que les principes. C’est dans un accès de ferveur révolutionnaire que les peuples se décident brusquement à abolir leur passé, à renouveler leurs habitudes, à recommencer leur histoire. La ferveur s’est bien attiédie chez les révolutionnaires comme chez les croyans ; nous ne vivons pas dans un âge héroïque, la foi ne transporte plus les montagnes, elles n’ont jamais été si tranquilles.
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Les protestans libéraux ont pris à cœur et à tâche de rendre la religion raisonnable autant que possible. Leur entreprise est traitée de dangereuse par ceux qui croient que la pure raison n’est pas un frein suffisant pour mater le cœur de l’homme ; elle est traitée de chimérique par ceux qui pensent qu’une religion sans miracles et sans légendes est la plus vaine des utopies. Les protestans libéraux sont en droit de répondre que leurs adversaires préjugent la question et que Diogène prouvait le mouvement en marchant. On ne peut s’étonner qu’ils soient contraires à la séparation.
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