Julien de Narfon

Résumé

Julien de Narfon Revue des Deux Mondes

Quelque graves que soient les craintes que peut faire naître la séparation de l’Eglise et de l’Etat, du point de vue de l’Eglise nationale protestante, ce ne sont que des craintes en effet. Aussi s’est-il rencontré, au sein de cette Eglise, dix-sept pasteurs en office, une minorité en somme imposante, et d’autant plus que, si l’on en croit M. l’abbé Eugène Garry, dont l’impartialité égale la compétence dans toutes les questions intéressant les diverses Eglises de Genève, cette minorité serait « l’élite du corps ecclésiastique protestant ; »
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Julien de Narfon Revue des Deux Mondes

On sait de reste que le protestantisme n’est pas une religion d’autorité, et que ce qui le distingue essentiellement du catholicisme, c’est qu’il est fondé sur le libre examen. L’harmonie était donc complète, dans l’Eglise nationale protestante de Genève, entre le postulat religieux, qui est la condition même de sa vie, s’il reste vrai que toute société doive se développer conformément à son principe, et la constitution administrative que le pouvoir civil lui avait donnée.
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Julien de Narfon Revue des Deux Mondes

Que voulez-vous que la religion devienne sans l’appui de l’Etat ? nous répondrons simplement : Qu’elle devienne ce qu’elle pourra ; qu’elle devienne ce qu’elle doit devenir ; qu’elle vive si elle a de quoi vivre ; qu’elle meure si elle doit mourir. Elle est venue dans le monde pour prouver que l’esprit est plus fort que la matière, fort contre la matière ; je ne dois pas l’empêcher de prouver cela. Si elle ne peut pas subsister par elle-même, elle n’est pas la vérité ; si elle ne peut vivre que d’artifice, elle n’est elle-même qu’un artifice
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