Résumé

J.-P. Trottet L’Église et la Question religieuse en Suède

Ainsi, tandis qu’on fait du prosélytisme un devoir pour les pasteurs de l’église établie, si quelque membre d’une autre communauté chrétienne manifeste la simple volonté de faire un prosélyte, il peut aussitôt être traduit devant le tribunal. Quand on vous prive des moyens d’éclaircir les doutes que vous pouvez avoir au sujet des enseignemens de l’église établie, n’annule-t-on pas de fait le droit qu’on vous accorde de vous en détacher ? N’est-ce pas comme si l’on disait : « Nous voulons bien qu’on enseigne telle ou telle science, mais à la condition de punir ceux qui la professeront ? »
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J.-P. Trottet L’Église et la Question religieuse en Suède

Qu’un mot scripturaire paraisse prêter appui à la doctrine officielle, par exemple dans la question du baptême, on s’y attache opiniâtrement, et on laisse dans l’ombre les textes les plus positifs. C’est ainsi que l’Écriture sert tour à tour baptistes et orthodoxes : chacun trouve en elle la condamnation des vues de ses adversaires. Peu de personnes éprouvent le besoin de pénétrer l’esprit de l’Évangile, et ce qui manque aux chrétiens du réveil aussi bien qu’à l’église établie, c’est une intuition vivante du christianisme, ou, si l’on veut, l’esprit scientifique.
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J.-P. Trottet L’Église et la Question religieuse en Suède

C’est ainsi que la prédication en Suède s’est, au moins sous certains rapports, séparée des immortelles aspirations de l’âme, c’est-à-dire de ce qui fait l’essence même de la vie religieuse ; c’est ainsi qu’elle est devenue pour plusieurs une sorte d’abstraction monotone, tempérée plus ou moins par une morale formaliste, tandis qu’un petit nombre d’hommes de talent n’y voient que l’art d’entraîner les esprits et de faire couler des larmes.
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