Résumé

Portrait de Edmond Scherer Edmond Scherer Les Confessions d’un missionnaire

On peut exprimer la même distinction d’une autre manière encore en disant qu’il y a plusieurs degrés dans la sincérité. Le manque de sincérité n’a pas toujours conscience de lui-même. Conscient, il s’appelle duplicité, mensonge, fourberie; inconscient, il ne trompe les autres qu’en se trompant tout le premier : il est, à cet état, l’essence de la légèreté, de l’esprit de parti, du fanatisme; mais il y a aussi telle duplicité qui n’est qu’à demi consciente, qui ne néglige pas seulement la vérité, mais qui la craint et l’évite.
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Portrait de Edmond Scherer Edmond Scherer Les Confessions d’un missionnaire

C’est ainsi que la foi religieuse est devenue croyance dogmatique, en d’autres termes qu’un élément de science et de spéculation s’est mêlé à ce qui n’était d’abord qu’élan et adoration; mais la science est l’objet légitime de l’examen : une histoire, fût-elle sacrée, tombe nécessairement sous la critique; une ontologie, fût-elle sanctionnée par des conciles, est soumise aux lois de la raison humaine. La religion ne pouvait devenir une science sans partager le sort de toutes les sciences, sans être tenue de présenter ses preuves et de satisfaire aux besoins de la pensée.
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Portrait de Edmond Scherer Edmond Scherer Les Confessions d’un missionnaire

Notre siècle est témoin d’un phénomène tout nouveau. L’incrédulité autrefois pouvait se confondre avec l’irréligion; lors même qu’elle n’était accompagnée ni du vice ni de la frivolité, rien n’empêchait absolument qu’on ne lui supposât des motifs intéressés. C’était un axiome dans l’église que nul ne pouvait s’écarter des croyances consacrées, si ce n’est par l’effet de quelque perversité secrète, et l’on ne se faisait point faute de conclure de la liberté des opinions, sinon au libertinage des mœurs, du moins à l’orgueil de l’intelligence.
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