Résumé

Portrait de Émile Burnouf Émile Burnouf I. — Conditions et Principes de la science

La conception du dieu, par cela seule qu’elle est personnelle et intime, ne constitue pas une religion. Si elle ne sort pas de la pensée, elle y demeure confondue avec la foule des faits intellectuels. Si elle n’en sort que par la parole, le plus grand effet qu’elle puisse produire est d’engendrer la théodicée, qui est une portion de la philosophie, c’est-à-dire une science. Au contraire, quelque grossière que soit l’idée qu’un homme se fait de son dieu, chaque fois que sa pensée s’y arrête, il sent naître en son âme un mouvement de la sensibilité qui ne se confond avec aucun autre.
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Portrait de Émile Burnouf Émile Burnouf I. — Conditions et Principes de la science

Il existe aujourd’hui une grande religion, qui n’a guère moins d’adhérens que le christianisme et qui semble être sans dieu : c’est le bouddhisme ; mais ceux qui prennent le bouddhisme pour une école athée ou pour une philosophie matérialiste oublient que le panthéisme est le fond de cette religion comme de celle des brahmanes ; ni dans l’une ni dans l’autre Dieu ne peut être représenté par une formule, ni adoré dans son unité absolue ; c’est dans ses formes secondaires qu’il est accessible à l’homme, c’est par elles qu’il intervient dans le culte.
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Portrait de Émile Burnouf Émile Burnouf I. — Conditions et Principes de la science

Si la science était obligée de discuter avec les croyans la divinité de Jésus, il faudrait bien qu’elle discutât aussi celle de tout autre personnage divin, sous peine de n’être qu’une théologie particulière. Elle n’examine donc pas si l’un d’entre eux est appelé dieu à plus juste titre que tous les autres ; son rôle se borne à constater que chaque religion a son dieu, à exposer, selon les faits, l’idée que s’en font les fidèles de chaque croyance, et à suivre la marche de cette idée dans l’histoire.
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