“ Les hymnes du Rig-Véda sont les cantiques des Aryas, les vaillants, les nobles, les honorables, d’où descend la race indo-européenne tout entière. On les chantait à l’aurore, à midi, et au soir, en plein air, sous la voûte du ciel. Pas de temple, pas de sanctuaire ; une enceinte pure et simple, au milieu de laquelle était disposé un tertre comme autel, dont chaque face répondait à un des points cardinaux ; un banc de gazon pour les dieux ou pour les mânes évoqués ; un foyer pour le sacrifice ”
Rig-Veda
Définition et enjeux
Citations sur “Rig-Veda”
Collectif, Encyclopédie anarchiste
“ La civilisation indoue, un peu moins ancienne que les précédentes, offre les mêmes conceptions dualistes et une mythologie plus vaste, plus poétique, plus symbolique. Un des plus anciens livres sacrés, le Rig-Véda, dont le recueil, attribué à Vyasa, remonte à 3.500 ans en arrière, fait jaillir toutes choses d’Aditi, sorte d’entité féminine vague, antérieure à toute existence et mère de l’Univers. ”
Louis Énault,
L'Inde pittoresque, par Louis Enault…
(1861)
“ Le RIG-VÉDA, qui n'est autre chose, nous le disionstout à l'heure, qu'un recueil d'hymnes religieux conservé dans la mémoire des races sacerdotales, porte l'empreinte énergiquement frappée de l'esprit mythologique, mythologie ingénieuse, du reste, qui se joue avec les choses graves et qui philosophe en badinant. Les auteurs des Védas n'eurent, en écrivant leurs livres, aucun esprit de système. Leur allure est capricieuse et libre ; tantôt ils admettent l'allégorie, et tantôt la repoussent. ”
Julien Girard de Rialle,
Les études védiques et éraniennes dans l'histoire…
(1870)
“ Aujourd'hui la géologie et l'anthropologie font remonter l'apparition de l'homme sur la terre à des époques incommensurables, et cela sans conteste posssible. L'histoire des sociétés nous montre la lenteur du progrès et des évolutions humaines. Il est donc permis de faire remonter le Rig-Véda, monument d'une civilisation si primitive, si archaïque, à une époque plus lointaine dans le temps que l'époque fixée par Colebrooke. ”
Paul Regnaud,
Le Rig-Véda et les origines de la mythologie indo-européenne
“ Je passe maintenant à l’exposé rapide des principales observations qui m ont guidé dans l’établissement de la méthode requise pour l’explication du Rig-Véda. Le caractère exclusivement concret du vocabulaire védique est le sûr indice de l’état intellectuel de ceux qui s’en servaient ; s’ils étaient dépourvus de termes pour exprimer l’idéal, c’est que leur esprit ne connaissait que le réel et ne se préoccupait que du réel. Ni l’abstrait ni le mythe ne doivent intervenir dans l’analyse que nous faisons de leurs idées. ”
Paul Regnaud,
Le Rig-Véda et les origines de la mythologie indo-européenne
“ La langue des hymnes, presque toute en adjectifs, ne visé que des objets sensibles, et c’est en ne l’oubliant jamais que nous avons le plus de chance de bien la comprendre. Autant elle est descriptive et pittoresque, autant sont peu nombreux les objets qu’elle concerne, mais autant aussi elle use d’expressions différentes, d’images multipliées et de métaphores sans nombre peur en varier la peinture. Tout ou presque tout dans le Rig Véda se rapporte au sacrifice consistant dans l’élément liquide et l’élément igné qui lui donnent naissance. ”
Alfred Philibert Soupé, Études sur la littérature sanscrite
“ Le Rig-Véda indique trois divisions de l’univers (l’air, le ciel et la terre) et cinq espèces d’êtres ; il montre les animaux produits par les éléments, l’Humanité issue d’une souche commune. Il ne fournit que des données assez confuses sur la vie future ; cependant cette vie future n’y offre point un caractère matériel. On y suppose non que l’homme vertueux était transporté, après sa mort, vers le centre de la terre ou dans quelque île reculée pour y continuer une existence analogue à celle qu’il avait menée ici-bas, mais bien qu’il allait au ciel goûter de pures jouissances. ”
Abel Bergaigne, La Religion védique d’après les hymnes du Rig-Véda
“ Les femelles sont, tantôt les eaux servant à humecter la plante d’où on l’exprime, et coulant avec lui dans l’opération du pressurage, tantôt le lait auquel on le mêle pour le faire fermenter. Tout un livre du Rig-Veda, le neuvième, est composé d’hymnes où cette préparation du breuvage sacré est mille fois décrite dans des formules qui conviendraient tout aussi bien à la description mythique des phénomènes de l’orage ou du lever du jour. ”
Louis Vivien de Saint-Martin,
Étude sur la géographie et les populations primitives du nord-ouest de l'Inde…
(1860)
“ C'est là que nous les montre le recueil sacré du Rig-Véda, non pas, sans doute, occupant à la fois la zone tout entière, mais s'y déplaçant continuellement, selon les habitudes d'un peuple pasteur, et s'avançant progressivement vers des cantons de plus en plus fertiles en bons pâturages, tels qu'on en rencontre à mesure qu'on s'approche de la Sarasvatî. ”
Paul Regnaud,
Le Rig-Véda et les origines de la mythologie indo-européenne
“ Mais si les hymnes du Rig-Véda ne remontent guère, d’après l’appréciation ordinaire (probablement trop faible, il est vrai) , qu’à mille ou douze cents ans avant notre ère, combien est primitif, comparativement à celui des auteurs bibliques ou des rapsodes du temps d’Homère, l’état d’esprit des poètes à demi-mythiques auxquels on les attribue ! Il suffit, pour s’en convaincre, de mettre en parallèle leurs divinités réciproques. ”
Paul Regnaud,
Le Rig-Véda et les origines de la mythologie indo-européenne
“ Jusqu’ici je me suis surtout attaché à établir la valeur du Rig-Véda au point de vue de l’étude des origines de la mythologie indo-européenne, et à rechercher les meilleurs moyens de l’interpréter d’une manière sûre et complète. Il me reste à examiner sommairement la nature même de cette mythologie ; c’est-à-dire à voir d’où elle tire sa source et comment se sont effectués ses premiers développements. Tout d’abord je donnerai les raisons qui m’empêchent de m’en tenir à la formule célèbre de M. Max Müller : la mythologie est le résultat d’une maladie du langage. ”
Paul Regnaud,
Le Rig-Véda et les origines de la mythologie indo-européenne
(1892)
“ DE LA MYTHOLOGIE INDO-EUROPÉENNE 109 Vêda « proposer un prix pour une lutte à la course », et dhanam hitâm est « le prix proposé pour une lutte à la course. - Dhâna, comme l'a bien vu M. Roth, est un dérivé de dhâ « poser, offrir, donner », et ce mot désigne exclusivement dans le Rig-Véda le don du sacrifice ou la libation, quand il s'agit des offrandes que les hommes font aux dieux. Dans le cas inverse, et lorsqu'il est question des libéralités que les dieux accordent aux hommes, dhâna signifié toujours la richesse matérielle sous une forme indéterminée. ”
Alfred Philibert Soupé, Études sur la littérature sanscrite
“ L’Yadjour blanc n’est cependant pas aussi absurde que le ferait supposer cette étrange origine ; on y trouve des passages dignes du Rig-Véda, celui-ci entre autres sur le dieu suprême, cause première du monde : Il est un maître souverain, un maître de tous les mondes... Cet être unique et inébranlable est plus rapide que la pensée, et les dieux eux-mêmes sont impuissants à concevoir ce suprême auteur qui les a tous devancés. Quoique immobile, il dépasse de beaucoup tous les êtres : il est plus léger que les vents ”
Dora d’Istria,
Le Surnaturel dans le monde végétal
“ Parmi les biens de toute espèce que la plante divinisée peut donner aux mortels, aucun n’a semblé plus précieux à l’Inde voluptueuse que l’empire des cœurs. Aussi le Rig-Véda et le Yadjour-Véda noir disent-ils que la meilleure des herbes est celle qui procure l’amour. « Parmi les herbes nombreuses qui ont Soma pour roi, dit le Rig-Véda, qui ont le secret de cent guérisons, tu es la suprême, toi qui disposes à l’amour, toi favorable au cœur. À cette herbe ont conjointement donné un pouvoir héroïque toutes les herbes qui ont Soma pour roi. » ”
Gaston Richard,
L'évolution des moeurs
(1925)
“ D'ailleurs la question est pour nous de savoir si, à une phase très reculée de l'histoire, la véracité n'est estimée et pratiquée que dans les relations de l'homme et de la divinité. La meilleure méthode nous semble être d'étudier quelque monument très ancien des croyances morales d'une grande race. Tel est le Rig-Véda. La critique lui attribue aujourd'hui une antiquité moindre qu'il y a un siècle. Cependant il exprime cette forme mythique de la pensée commune qui est partout contemporaine de la phase guerrière et héroïque. ”
Paul Regnaud,
Le Rig-Véda et les origines de la mythologie indo-européenne
(1892)
“ M. Ludwig y voit parfois un nom propre. Pârvata est un dérivé de parvant (cf. pârvan et pravât pour * paravat.) Dans le Rig-Véda, ce mot désigne exclusivement le courant des libations, comme l'attestent les exemples suivants : I, 52, 2, sa pârvato nâ dharûnesv âcyutah « (Indra) est pareil à une rivière qui ne s'écoule pas à travers le lit qui la supporté ; » — il se dresse sur les libations et ne s'y engouffre pas. ”
Louis Énault,
L'Inde pittoresque, par Louis Enault…
(1861)
“ Un seul être est immuable, c'est l'Ètre suprême, infini et indéfini. Pour monter jusqu'à lui, l'adoration de la terre passe à travers cette foule d'êtres déifiés qui ne sont point des dieux. Si nous nous sommes clairement expliqué, on aura déjà compris que le Rig-Véda n'est autre chose que l'histoire naturelle poétique de l'univers. Il ne s'occupe guère de l'histoire des hommes. Nous savons que ces beaux hymnes furent composés pour une race venue des bords de l'Indus et habitant les fertiles plaines arrosées par le Gange. ”
Prince de Valori, Don Carlos dans les Indes (1886)
“ Je m'occuperai seulement du Rig-Véda et des lois de Manou. Le Rig-Véda est un composé d'hymnes sans aucune valeur poétique : leur valeur mythologique et historique n'est pas plus grande. Excepté un hymne à l'Aurore, fort beau, et des hymnes à Pridjapati et à Paramatma (au Dieu créateur et à l'âme suprême) , qui sont, les deux derniers, absolument interpolés, les hymnes du Rig-Véda ne sont que des invocations de sauvages de l'île de Robinson Crusoé. Cependant le Sôma, boisson eni- vrante dont les Hindous faisaient un fréquent usage, les inspire un peu mieux ”
Julien Girard de Rialle,
Les études védiques et éraniennes dans l'histoire…
(1870)
“ Si la mythologie a conquis une place importante dans les sciences historiques, c'est qu'elle a pu partir d'un point fixe et très-antique à la fois. Le point de départ c'est le Véda. Sans le Rig-Véda, pas de mythologie primitive. Les légendes de la Grèce et de la Germanie issues de la même source, mais de formes dissemblables, ne concordent plus dans le fond. Car le trait d'union manque, si l'on ne remonte pas à la foi de l'Asie primitive, dont les mythes védiques sont si proches. ”
Paul Regnaud,
Le Rig-Véda et les origines de la mythologie indo-européenne
(1892)
“ Il convient toutefois de prévenir une objection contre cette manière de voir qui ressort naturellement de certaines théories émises en ces dernières années par des indianistes européens. J'ai particulièrement en vue par là les idées développées par M. Oldenberg dans le Journal de la Société asiatique allemande (t. 37, p. 54, seqq. et t. 39, p. 52, seqq.) sur les âkhyânas et leurs rapports avec la composition de certains hymnes du Rig-Véda. ”
Ernest Renan,
De l'origine du langage (3e éd…
(1859)
“ Parmi les branches diverses de la race indoeuropéenne, il en est deux dont les souvenirs fournissent, sur le sujet qui nous occupe, des inductions précises et aboutissant exactement au même résultat : ce sont les branches hindoue et iranienne. Si nous étudions le Rig-Véda, qui est le recueil le plus ancien des chants de la race indo-européenne, nous sommes forcés d'assigner pour séjour au peuple qui les composa, non les bords du Gange, mais une région bien plus septentrionale et occidentale. ”
Ernest Zyromski, L'orgueil humain (1904)
“ Cette religion nouvelle est l'œuvre concertée de la pensée humaine qui oublie les leçons directes de la nature pour suivre les suggestions de sa logique et de son orgueil. Dès lors, les rapports entre l'univers et l'humanité se relâchent. Dans le Rig-Véda, le lien de chaque homme avec la nature est si fort qu'aucune puissance humaine ne peut s'interposer entre les choses et les hommes. On a montré sans peine que les castes ne sont pas encore formées dans le Véda. ”
Paul Regnaud,
Le Rig-Véda et les origines de la mythologie indo-européenne
(1892)
“ Ce tamis est appelé sânu âvyam ; ou (9°) sânu avyâyam ; ou même (10°) simplement sânu; 11° l'extrêmité de l'est est appelée le sommet de Trita. » — Bergaigne (Rel. véd. II, 182, note 2) : « sommet » ou « plateau de montagne ». Sânu, dont le sens est identique à celui de prsthâ, a été l'objet d'une erreur semblable à celle que nous connaissons; l'un et l'autre mot ont reçu dans la langue de l'époque classique le sens de « dos, surface, etc., » alors que leur signification étymologique et réelle dans le Rig- Véda est « courant (d'eau) , etc. » ”
Paul Regnaud,
Le Rig-Véda et les origines de la mythologie indo-européenne
(1892)
“ La vérité est que, ni Sâyana dans la glose visée (purîsaqt - pûrakân mandalât) , ni M. Roth dans l'article en question où il attribue à purîsa le sens de " terre ", n'on eu raison. Dans le Rig-Véda, purîsa et les dérivés signifient exclusivement " eau " (comme Sâyana du reste l'indique lui-même dans différents passages) ; à savoir l'eau du sacrifice, le soma ou la libation considérée comme nourrissante DE LA MYTHOLOGIE INDO-EUROPEENNE ou remplissante. C'est ce que je vais essayer de faire voir en suivant de point en point la discussion de M. Roth. ”
Paul Regnaud,
Le Rig-Véda et les origines de la mythologie indo-européenne
“ Et pourtant la méthode qui consistait à employer d’une manière presque exclusive ces instruments d’interprétation, surtout le dernier, bien qu’il ne remonte qu’au xive siècle de notre ère, est celle qui prévalut tout naturellement d’abord parmi les indianistes européens qui s’attaquèrent les premiers au Rig-Véda. Il en fut ainsi pour la traduction française de Langlois (1840-1852, réimprimée en 1872) . Bergaigne était donc tout à fait autorisé à penser que la valeur scientifique en était à peu près nulle et que cette traduction était à refaire de fond en comble. ”
“ « L’esprit divin qui circule au ciel, on l’appelle Indra, Mitra, Varouna, Agni. Les sages donnent à l’être unique plus d’un nom. » Cette intuition d’un esprit suprême, qui réside au ciel, domine la terre et gouverne le monde, est aussi précieuse que significative dans la bouche d’un des plus nobles et plus anciens Richis ; elle ébranle bien vivement l’hypothèse que les chantres des Védas ne possédaient pas le sentiment de l’unité divine. Ils en ont, au contraire, plus que le souvenir, plus que l’espoir, ils en ont la certitude et en cherchent la démonstration. ”
Paul Regnaud,
Le Rig-Véda et les origines de la mythologie indo-européenne
(1892)
“ Dans un chapitre intitulé La traduction du Véda, qui fait partie du premier volume dé ses Études orientales et linguistiques (1874) , M. Whitney a résumé d'une manière très nette les arguments des partisans et des adversaires de l'autorité de la science des brahmanes en matière d'explication védique 1. En fait, les premiers, représentés par Wilson, l'auteur de la traduction princeps du Rig-Véda, et son disciple Goldstucker, ont été complètement vaincus par les seconds, parmi lesquels Égaraient MM. Roth, J. Muir, Max Müller et M. Whitney lui-même. ”
“ Quoi qu’il en soit, dans le principe, ce qui caractérise le Véda, c’est la simplicité. L’homme reconnaît une suprématie céleste, et il croit qu’elle se manifeste dans les phénomènes qu’il observe ; le feu lui parait une des forces les plus incontestables de la nature, et il s’adresse à lui sous le nom d’Agni ; le soleil lui semble un des bienfaiteurs les plus manifestes de l’humanité, et il l’invoque sous le nom de Sourya ; l’atmosphère lui est favorable par ses pluies fécondes, et il la bénira sous le nom d’Indra ”
Paul Regnaud,
Le Rig-Véda et les origines de la mythologie indo-européenne
(1892)
“ Que notre souffle vital, etc. » 1-2. - Le mot rtû est ici, comme dans les hymnes du Rig-Véda, un nom métaphorique des libations. C'est encore elles que désigne l'adjectif vaiçvakarmanà « qui est de la nature de Viçvakarman (le soma piavamâna) », qui édifie toute l'oeuvre du sacrifice. - M. H. (2) : « Les cinq saisons pi sont issues de Viçvakarman et lui appartiennent. » — Il est difficile de voir la correspondance de cette traduction avec le texte. M. H. en note : « On souhaite au jeune homme de vivre, etc. » ”
Abel Bergaigne, La Religion védique d’après les hymnes du Rig-Véda
“ Ces limites auraient été évidemment trop étroites pour un travail où l’on se serait proposé uniquement de tracer un tableau de la religion védique. Mais on ne fait guère d’index que d’un seul ouvrage. Un travail de ce genre, pour être complet dans ses détails [2] doit être restreint dans son étendue. Tel qu’il est pourtant, composé de fragments de textes rapprochés dans un esprit évident et avoué de systématisation et empruntés aux seuls hymnes du Rig-Veda, ce livre présentera, je l’espère, une image assez fidèle de la religion védique. ”
