Ernest Zyromski

Résumé

Ernest Zyromski L'orgueil humain (1904)

Le devoir des sages est d'empêcher la folie des faibles de troubler la régularité des lois universelles et d'ignorer l'enseignement donné par la nature, car toute la science, tout l'art et toute la morale est dans la nature. Au lieu de respecter le naturalisme des anciens jours et de le fortifier en l'épurant par les conquêtes de la science, ils ont peu à peu éteint, sous l'amas des formules, la flamme de sympathie qui unissait le foyer de la vie humaine au foyer universel, et ils ont substitué à la spontanéité primitive, qui est une lumière, le respect morne du rite qui est une entrave.
Source : Gallica

Ernest Zyromski L'orgueil humain (1904)

La primauté de la terre est détruite. L'orgueil de l'homme est abattu. L'axe de la pensée se déplace.
Cette révolution intellectuelle devait avoir son retentissement dans la vie morale. C'est pourquoi, dans l'œuvre de Vinci et de Galilée, les premières paroles d'émancipation se font entendre. On ne tarde pas à s'apercevoir que les affirmations de l'humanisme sont nobles, mais insuffisamment rattachées à la nature. Une puissance nouvelle, la science, impose à l'homme, avec une nouvelle attitude devant l'univers, une nouvelle conception de la vie intellectuelle et morale.
Source : Gallica

Ernest Zyromski L'orgueil humain (1904)

Au contraire, un Molière, comme Descartes, plus complètement que Descartes, se dégage de toutes les disciplines. L'œil fixé, non pas sur un idéal littéraire, mais sur la réalité, il élabore son œuvre avec la spontanéité et la certitude d'une force de la nature. Il se jette parmi les hommes, dans la mêlée des travers humains : peu à peu, la matière comique se façonne, les gestes caractéristiques se détachent, les mots expressifs des ridicules résonnent à son oreille, et l'œuvre de l'observation se lève, naïve et forte, de ce contact prolongé, ardent avec la vie.
Source : Gallica

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