Léon Deubel,
La lumière natale : poèmes
(1922)
“ LE POÈME DU VENT Sous la chanson matutinale d'un bouvreuil, Je naquis d'un frisson de feuille balancée ; L'aube poignait au ciel en douces élancées Quand je cambrai mes reins éprouvés d'écureuil. Sitôt que j'eus franchi, dans un bond d'Ariel, Le mystère natal de mon berceau de branches Et qu'à mes yeux parut la plaine toute blanche Et rousse de clarté comme un gâteau de miel, 2 16 LA LUMIÈRE NATALE Sur mon domaine d'or semé de toits humains Un vaste orgueil ouvrit mes ailes toutes grandes, Et fier de dominer l'hostile paix des landes, Je suivis l'immobile avenir des chemins. ”
