Victor Kinon

Élements biographiques

Victor Kinon,  L’Âme des saisons

“ LA FAUVETTE, sautillant. Gavotte. Menuet.
LA PAQUERETTE T’es pas marquise ?...
LA FAUVETTE Si.
LA PAQUERETTE T’es fauvette !
LA FAUVETTE Ah oui ! mais marquise et nymphe aussi.
LE CHÊNE Nymphe ?
LA FAUVETTE Bien sur.
LE CHÊNE Voyons...
LA FAUVETTE C’est rose et cela nage.
LA PAQUERETTE Oh ! tu sais pas nager...
LA FAUVETTE, voletant. Si fait, dans le feuillage.
De haut en bas, de bas en haut. Voilà.
LE CHÊNE Très bien.
LE MERLE Le ciel est comme un bain de rosée et de thym.
LE CHÊNE Qu’est-ce qu’on est encor, fauvette ?
”
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Victor Kinon,  L’Âme des saisons

“ Ma Bien-aimée est douce ainsi qu’un clair de lune.
Sa chevelure est comme un bois voluptueux.
Oh ! je veux, à deux mains serrant sa tête brune,
Boire jusqu’au matin la flamme de ses yeux !
Ma Bien-aimée est douce ainsi qu’un clair de lune.
Que n’es-tu près de moi, puisque tu es ma Sœur !
Que n’es-tu près de moi, puisque la nuit est belle,
Puisque fleurent les fleurs de l’ombre et que mon cœur
Ainsi qu’un rossignol voluptueux t’appelle !
Que n’es-tu près de moi, puisque tu es ma Sœur !
Ecoute !... Il fait si pur que les anges frémissent...
”
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Victor Kinon,  L’Âme des saisons

“ Et tu vas, titubant dans la spectrale nuit,
Parmi la vie obscure et sourde qui s’enfuit
Sournoisement autour de tes pas de fantôme,
Soit qu’une ombre trapue et boiteuse de gnome
Glisse sans bruit, soit qu’un renard à fin museau
Eternue ou grimace en sifflant des naseaux,
Soit qu’une zibeline ou qu’une martre brune
Saute et s’évanouisse en des clartés de lune...
Blêmissant de la peur d’apercevoir, tu vas
Avec une ombre immense attachée à tes pas
Qui gesticule au loin ainsi qu’un géant ivre.
Dans la neige, à tes pieds, une chose de cuivre
Brille... C’est un compas.
”
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