Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Résumé

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord Mémoires du prince de Talleyrand… (1891-1892)

Le renversement de Bonaparte n'est que la moitié de l'ouvrage ; il restera à pourvoir à la sécurité de l'Europe qui ne peut être tranquille tant que la France ne le sera pas, et la France ne le sera qu'avec un gouvernement qui convienne à tout le monde. — La France, a dit lord Clancarty, était heureuse sous le gouvernement du roi. Il a pour lui les voeux de toute la nation. — Oui, a répondu l'empereur, de cette partie de la nation qui n'a jamais été que passive ; qui, depuis vingt-six ans supporte toutes les révolutions, qui ne sait qu'en gémir, et n'en empêche aucune.
Source : Gallica

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord Mémoires du prince de Talleyrand… (1891-1892)

Je n'ai vu aucun souverain, aucun ministre qui, effrayé des suites que doit avoir en Espagne le système de gouvernement suivi par Ferdinand VII, ne regrettât amèrement qu'il ait pu remonter sur son trône, sans que l'Europe lui eût imposé la condition de donner à ses États des institutions qui fussent en harmonie avec les idées du temps. J'ai même entendu des souverains, dont les peuples encore trop peu avancés dans la civilisation, ne sont pas susceptibles de recevoir les institutions qui la supposent parvenue à un haut degré, s'en affliger comme d'un malheur dont ils souffrent eux-mêmes.
Source : Gallica

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord Mémoires du prince de Talleyrand… (1891-1892)

Le lendemain à dix heures du matin l'empereur de Russie est allé le voir, et a débuté par lui dire : « Tout va mal en France, n'est-ce pas? — Nullement, lui a répondu le duc, le roi est très aimé, très respecté, et se conduit avec une sagesse parfaite. — Vous ne sauriez, a répliqué l'empereur, me rien dire qui me fasse autant de plaisir. Et l'armée ? — Pour faire la guerre au dehors, et contre quelque puissance que ce soit, a répondu lord Wellington, l'armée est aussi excellente qu'elle ait jamais été ; mais dans des questions de politique intérieure, elle ne vaudrait peut-être rien. »
Source : Gallica

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