Ferdinand Brunetière

Ferdinand Brunetière

Résumé

Portrait de Ferdinand Brunetière Ferdinand Brunetière Revue littéraire - 30 avril 1879

Nous vivons dans un temps où la faculté d’admirer est devenue trop rare. On peut admirer, il faut admirer Montesquieu. L’auteur des Lettres persanes et de l’Esprit des lois n’est pas seulement « un grand professeur de droit constitutionnel, » comme l’appelle M. Vian, ou, comme dit le vulgaire, un grand esprit et un grand écrivain, c’est encore un honnête homme. On les compte, au XVIIIe siècle, ceux qui méritent l’hommage d’un tel nom. Voltaire, Jean-Jacques, Diderot, ce sont les plus grands qu’il est le plus difficile d’admirer et d’aimer tout entiers.
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Portrait de Ferdinand Brunetière Ferdinand Brunetière Revue littéraire - 30 avril 1879

Mais, en vérité, que m’importent les circonstances dans lesquelles Montesquieu composa les Considérations ou l’Esprit des lois? Les œuvres de Montesquieu se suffisent à elles-mêmes, elles renferment toute leur lumière en elles, on ne les éclaire pas du dehors : ce sont des œuvres et non des actes. C’est que ce grand homme a passé, vivant de la vie de tout le monde, écartant de sa route, avec un soin jaloux, tout ce qui risquait de troubler la liberté de son travail et la sérénité de ses méditations.
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Portrait de Ferdinand Brunetière Ferdinand Brunetière Revue littéraire - 30 avril 1879

Je ne nie pas qu’il soit intéressant pour notre curiosité de connaître Montesquieu tout entier, « de la tête aux pieds, comme dit M. Louis Vian, avec ses habits, ses mœurs et son temps, » sans oublier les autres accessoires. Il saute aux yeux pourtant qu’on ne peut pas étudier Montesquieu comme on étudiera Voltaire, par exemple, ou même Beaumarchais. Étudier Voltaire, c’est étudier un siècle tout entier; car à quels événemens de son siècle Voltaire n’a-t-il pas été mêlé de sa personne?
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